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ISBN : 2070125238
Éditeur : Gallimard (31/03/2011)

Note moyenne : 3.04/5 (sur 71 notes)
Résumé :

" Il y avait pour moi quelque chose d'incompréhensible et de fascinant chez cette fille. seule au milieu de la cour de récréation : elle me ressemblait mais elle ne souriait guère; elle avait les mêmes taches de rousseur mais les yeux plus ténébreux ;elle ne lisait pas des livres de prêtres engagés sur l'Evangile (les lectures préférées de ma famille) mais des brûlots anarchistes appelant au... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Pancrace
  10 janvier 2019
Benoit Duteurtre a volé mon « je » !
Il a traduit son adolescence comme si c'était la mienne, avec les mêmes filles qui absorbaient notre horizon dans les cours de récréation, avec les mêmes cours de physique-chimie où nous étudiions les paramécies.
Mais non !
Promenade dans ses quinze ans. Le Havre, été 76.
Promenade musicale, de Debussy à Led Zeppelin en passant par Zenakis, Stockhausen et Pink Floyd époque « Meddle ». « Je » s'en prends plein la gueule.
Promenade picturale aussi, de Monet à Paul Klee et de Juan Gris à Vasarely.
Vaste défi, « je » est transi.
« Je » s'intéresse à tout quand il s'agit d'art. Je voulais être peintre, musicien, écrivain, je dévalisais les bibliothèques, arpentais les musées. Mes petites ressources ne me permettaient pas les concerts ou l'opéra, tant pis, j'avais la musique dans la peau. Merci Misyé bobo !
Pour la littérature, tout y passe, « je » s'occupe de tout. Il créé son journal de collège, il prend des cours de théâtre, il va chez Salacrou un ami de son oncle, chercher conseil sur ses talents d'écrivain. Autant être bien armé pour attaquer Mallarmé.
Prêt, « j'étais fier de mon Zarathoustra sympathique et doux descendant des montagnes pour éclairer les humains ». Réparer le monde, sonder la mumène* en grignotant des méloko* dans les bistrots où les amoureux s'embrassaient sans tabous aux tables où, s'échangeait en pot, du tabac blond de Virginie que son pote Jean-Paul aimait aussi. Surréalisme cocasse.
Sérieusement, « je » tombe en amour platénuque d'Hélène extirpée avec difficulté d'une cour de récréation. Elle va le fasciner, ils vont être amis longtemps. Ils iront se promener à Paris se sentant libres et heureux comme on peut l'être dans l'insouciance des 17 ans.
N'avez-vous jamais eu ce sentiment parfait d'être entre deux vies, plus un enfant, pas encore un adulte, à une ravissante frontière imaginaire sans octroi où tout est possible ?
Hélène sera enceinte de Pierre, elle ira faire une IVG en Angleterre, il restera à la LCR*, parterre. Toute une ère !
« Les atouts physiques, tout comme les origines sociales délimitent souvent les groupes imperméables. » …gris avec des épaulettes et une martingale bien serrée à la taille qui donnait à mon père l'air acerbe, raide et martial. Sur tous les sujets, un gouffre d'incompréhension nous séparait, aussi difficile à combler que d'imaginer un duo vocal entre Tino Rossi et Alice Cooper.
Cet abîme géant, je l'imagine identique et fatidique pour « je » avec des parents petits bourgeois catholiques de province dans les années 70, bien que les parents à cette époque étaient déchirés entre laisser le libre arbitre à leurs descendants qui délaissaient allègrement leurs études de savants pour l'art avec un grand dénouement et la sanction voire le bannissement aberrant après 68 cependant.
« On dit parfois que chaque être humain, durant sa jeunesse parcourt en accéléré l'histoire de l'Humanité ».
Avec M. Duteurtre, on aura bien gambadé dans les méandres de nos adolescences tellement similaires partageant l'intimité d'un tout petit bout d'Humanité.
* (l'âme humaine) (mets locaux)
(ligue communiste révolutionnaire)
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ninachevalier
  16 mars 2016
L'Eté 76 - Benoît Duteurtre – nrf – Gallimard ( 187 pages)
La voix du narrateur révolté , double de l'auteur,se fait entendre dès le prélude, ne cachant pas son amertume d'être boudé par les jurés .Comment un romancier sympathique , opiniâtre peut-il être lâché par ses amis? Seraient -ils devenus des traites ?s'interroge-t-il, exaspéré.
Dans ce roman il se retourne sur son adolescence, brosse son autoportrait: celui d'un ado complexé par son origine sociale de petit bourgeois, «  jeune paysan normand, jovial, ambitieux, apprenti hippie, aux cheveux longs bouclés,taches de rousseur et dents du bonheur, anarchiste doux et pacifique ». Il nous dévoile son cursus scolaire (de 1970 à 1977), ses fréquentations, ses premiers émois et met à nu les ressorts invisibles de sa passion musicale. Il nous balade dans le temps et l'espace par de fréquents allers et retours entre mer et montagne et des escapades parisiennes.
N'est ce pas au coeur de cette forêt vosgienne, dans ce cadre lénifiant qu'il passait ses vacances en famille ( s'improvisant ermite montagnard pour satisfaire son besoin d'écrire) et où maintenant il s'offre des parenthèses pour se ressourcer, oublier ses déceptions,et tente de « combattre ce venin, cette sourde litanie » ,d'éradiquer le maelström qui le torture ? Il se fait le chantre de ce village niché dans une vallée , «du sentier qui serpente parmi les bruyères,de l'abondante végétation de digitales, de cette petite fougère odorante au parfum anisé, de ce lieu cher où s'était cristallisée une certaine idée du bonheur , de sa quiétude, « de la beauté des papillons blancs, des aiguilles vert tendre soyeuses ».Il y ajoute des sensation nouvelles, écoutant comme une partition « le chant des oiseaux,les rebondissements de l'eau dans une cascade et le rythme de ses pas sur le sentier ».
L'enchantement est renouvelé quand il exalte « ce panorama de la côte qui donnait au Havre son urbanité grandiose, cette ville de province étriquée, à l'architecture moderne, propice à la rêverie ». Une ville qui abrita une pépinière de talents: Queneau , Honegger et dont le musée des Beaux-Arts offre au regard des toiles de Monet et de Dufy. Il sait dépeindre la métamorphose de cette cité ouvrière, «le port ouvert sur le ciel et la mer », dont il a exploré à solex les bassins « y trouvant un spectacle permanent comme les grues aux silhouettes de longs échassiers »,son ravissement à la vue des vieilles façades d'immeubles en entrant dans le port d' Honfleur.
La capitale , il l 'a arpentée , le nez en l'air, fasciné par «  les tours , les ensembles incongrus de Montparnasse y voyant un grain de folie », espérant croiser le couple mythique Sartre Beauvoir, se réjouissant de découvrir la place des Vosges « comme un hommage à sa région préférée ».Paris , by night, et ses orchestres , ses bouquinistes, les rues du Marais. La ville de Balzac le rendait optimiste.
C'est dans ce cadre de vie que l'on voit le narrateur s'éloigner de ' l'âge bête,' s'épanouir', selon le concept à la mode,affirmer ses goûts éclectiques, ses passions prendre racine et son destin se forger. Très vite « autonome,déterminé dans ses buts », il était avide d' appréhender le monde et portait déjà sur la société un regard aigu, formulant « des discours exaltés en faveur des femmes , des homosexuels, de l'écologie ».Il caressait le projet d'une revue littéraire, d'une troupe de théâtre.
Comment est née son âme de poète?Un cadeau de son père (L'anthlogie de la poésie française) a aiguisé l'intérêt du narrateur. Puis un professeur, adepte du ' Peace and Love', lui inculqua l'amour de la littérature, lui fit découvrir Giono. Une pléthore de lectures vinrent s'ajouter tant sa soif de connaissances était inextinguible: Verlaine, Breton et son écriture automatique, Butor , Michaux , des philosophes, dévorant Beckett, fasciné par « cette fantaisie dans l'invention, ce rire qui exprime le plaisir de l'esprit ». L'apprenti poète rimaille pour séduire Hélène ( liée physiquement à Pierre ), sa dulcinée, son mentor , son idole , sa muse , son égérie « au coeur raffiné , musical et poétique ». Leurs promenades poétiques étaient des « parenthèses de douceur », d'harmonie, d'échanges. Ils avaient inventé une nouvelle mélodie du bonheur. Avec le recul , le narrateur décrypte cette liaison platonique, sublime qu'il se plaisait à cultiver,sans se soucier de son orientation sexuelle « Les affaires charnelles ne m'effleuraient pas. Les choses du sexe ne m'intéressaient guère en ce temps -là », confesse-t-il , éludant sa nuit avec un homme plus âgé, à Vézelay. Son ambition et son audace le conduisirent chez Salacrou (président de l'Académie Goncourt) qui avez perçu son talent et l'encouragea à persévérer et à lire avant tout. Olivier , le surveillant, ne lui avait-t-il pas prodigué le même conseil? Lire avant d'écrire, lui suggérant Nietzsche! Son ami de 1ère, Jean-Paul, lui fit découvrir Francis Blanche,Raymond Devos, Alphonse Allais et Erik Satie. Il s'initie à Ionesco.
D'où est venue cette frénésie de musique?N'a-t-elle pas été déclenchée par ses parents qui lisaient la collection :Les grands musiciens? le voici sous le charme de Debussy qui le précipite « sur le poème de Mallarmé ». La découverte d'un pick up et des disques lui ont permis de « jouir pleinement de la potion sonore ».Il s'enivre d'accords savants,est subjugué par Messiaen, envoûté par des génies incontestables (Poulenc, Ravel, Xenakis). Après la chorale et le piano classique , il eut la révélation du rock, de Léo Ferré, des Rolling stones. Un transistor lui a permis d'être rivé à Radio France. La musique devenait son royaume enchanté, agissait comme un catalyseur , stimulant son inspiration «Les mots allaient jaillir tout seuls comme des diamants ». Sa vocation de médecin de campagne s'évanouissait , se tournant vers des études de musicologie. Il réussit à financer un stage autour de Stockhausen qui lui fit rencontrer « des illuminés »partageant « la ferveur avant-gardiste ».Un concert de Boulez le plongea dans l'extase .Offenbach signifie plus que cette réminiscence d'un ville joyeuse .Se sentir entré dans « une communauté de pionniers »l'exaltait.
Quant à l'été 76 , mis à part la canicule exceptionnelle, il sonna l'âge des seize ans, le premier job d'été , la première chaîne stéréo, la liberté des soirées entre copains et une première expérience qui ne peut que bouleverser le protagoniste , mais laissons le mystère au lecteur.
A chaque livre, Benoît Duteurtre excelle dans la peinture d'une époque « qui venait de connaître les Trente Glorieuses »,où l'avortement n'était pas légalisé, où l'on s'écrivait encore, où l'enseignement expérimentait les 10% éducatifs et culturels ,où l'on adoptait un style de vie « calqué sur celui des États-Unis »avec une consommation débridée .C'est aussi le France , fleuron de la flotte française, qui vient d'être désarmé et abandonné au quai de l'oubli,le choc pétrolier,la disparition des Éditions musicales Durand. qui avaient publié d'illustres compositeurs ,
Dans ce roman aux résonances autobiographiques, Benoît Duteurtre fredonne avec justesse, parfois avec mélancolie, fraîcheur et candeur la petite musique de ses souvenirs de sa période de teenager( évoquant en filigrane sa famille) et nous fait « entendre l'écho d'un refrain immémorial ».
Il cerne les frontières de l'amitié et de l'amour. Il soulève l'éternelle question qui nous taraude tous: peut-on espérer une vie dans l'au-delà?d'où son retour au viatique Carpe diem, rien de tel que cette communion avec la nature « en arpentant la montagne magique et en respirant ces fougères anisées , d'être en harmonie avec la splendeur d'un pré fleuri, allongé dans l'herbe. Selon Claude Michel Cluny « La conscience d'être éphémère nous inspire l'obscur désir de se fondre in fine dans ce qui nous semble devoir ne jamais changer, alors que les élans de passion privilégient la brièveté, à l'image de la jeunesse qui n'est qu'un passage dans la main des dieux ».
Ce récit , c'est aussi la genèse d'une vocation et le passage « d'un baba cool à celui du thuriféraire de la musique savante, de l' étudiant toqué d'art », l'itinéraire d' un écrivain et la construction d' « un éminent spécialiste de musique contemporaine », chez qui deux passions coexistent à merveille, l' accomplissement d'un écrivain mélomane, portraitiste et paysagiste.
Il signe d' admirables descriptions de sa ville natale , de la région havraise et de Paris ainsi que de magnifiques cartes postales, dont quelques unes dans un style rétro .Il sublime les paysages vosgiens qu'il vénère et qui lui« rappelaient les éblouissements de Monet ».
Le bonheur pour Benoît Duteurtre? transmettre « ses engouements musicaux, littéraires et artistiques », ce qu'il fait avec brio sur France Musique dans l'émission « Étonnez-moi, Benoît ».
Au lecteur de se laisser bercer par la magie de la poésie et des musiques qui traversent ce roman.
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LoloKiLi
  16 mai 2012
Les années-lycée de Benoît Duteurtre… Les atermoiements sentimentaux de Benoît Duteurtre… Les émois littéraires et philosophiques de Benoît Duteurtre… Les explorations artistiques de Benoît Duteurtre… Les questionnements existentiels de Benoît Duteurtre…Voilà un récit complaisamment autocentré (ah ??) et, qui plus outre, un peu trop pédant pour l'intello que je ne suis pas.
L'été 76 est donc un livre dont au sujet duquel l'auteur (ne) parle (que) de lui et non pas de la saison caniculaire qui sévit au milieu des années 70, il faut le savoir sinon il y aurait de quoi être déçu.

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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saphira44
  16 décembre 2012
J'ai un avis assez partagé sur ce livre. Je l'ai lu dans le cadre d'un concours, et j'avoue ne pas avoir été conquise par ce livre, bien que par moment j'en ai apprécié la lecture. le début me semblais alléchant avec cet auteur insultant ceux qui ne lui on pas accordé un prix et surtout les 10 000 euros qui allaient avec, mais plus je découvrais l'auteur plus je le trouvais imbu de sa personne et narcissique. le roman se base sur trois ans de sa vie un moment de changement où il découvre sa vrai passion artistique, mais c'est long ! très long pour raconter ce petit bout de vie où finalement ça avance lentement on découvre chacune de ses nouvelles passion et nouveaux genres.
De plus certain passages sont quasiment incompréhensible pour ceux qui ne s'y connaissement pas un minimum en ce qui concerne l'art (personnellement j'ai eu du mal avec la musique il s'exprime comme si tout ce qu'il dit est évidant et n'a pas besoin d'être expliquer).
Les bons points à présent ! tout d'abord j'aime voir une telle passion pour un sujet, on sent le plaisir qu'a l'auteur de nous raconter ses découvertes (bien que parfois il en fait un peu trop et se prenant pour un GRAND avant gardiste). Il y a aussi l'histoire de cette très belle amitiée passionnelle entre lui et Hélène (mais si il en fait aussi beaucoup) et enfin j'ai beaucoup apprécié découvrir ce monde d'il n'y à pas si longtemps, et voir les grandes différence entre avant et maintenant.
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camille_alivreouvert
  24 décembre 2011
(Billet écrit en mai 2011)
Chronique autobiographique sur les années d'adolescence de l'auteur avec une douce nostalgie de cette époque où les jeunes croyaient à un avenir meilleur, et s'emballaient pour des idées ou des oeuvres d'art.
L'histoire se déroule au Havre au milieu des années 70, après mai 68 et le choc pétrolier, dans un climat de fin des trente glorieuses.
Benoît est issu d'une famille de classe moyenne, chrétienne et progressiste. A quatorze ans, il est fasciné par Hélène une jeune fille un peu plus âgée qui lit Bakounine dans la cour de récréation. Une relation privilégiée, mais platonique, se nouera entre les deux jeunes gens et de cette amitié naîtra l'éveil politique puis artistique de l'adolescent. Benoît porte des cheveux longs et à l'instar d'Hélène se veut anarchiste, mais avec un petit côté frileux, apeuré à l'idée des violences révolutionnaires. Il va finalement se tourner vers un combat tout aussi passionné mais qui lui correspond davantage, celui de la révolution artistique. Il dresse d'ailleurs ce constat lucide : «Nous étions des bourgeois ; et puisque refusions cette idée trop simple, la solution la plus courante pour échapper au dilemme consistait à tenter de devenir artistes». L'été 76 est émaillé des références littéraires, picturales et musicales qui forgent la personnalité et le référentiel du jeune garçon.
J'ai beaucoup aimé.
Benoit Duteurtre retranscrit avec finesse cette époque, l'atmosphère provinciale et par contraste le mythe de la capitale. Il dépeint en couleur sépia les enthousiasmes fondateurs de l'auteur-narrateur et la naissance de sa sensibilité artistique.
J'ai pensé que les émois de l'adolescent auraient gagné à être un peu moins intellectualisés, et que le roman aurait pu faire un peu plus de place à l'éveil des sens (enfin cela n'engage que moi et ce n'était pas clairement pas le propos de l'auteur qui affirme d'ailleurs que les choses du sexe ne l'intéressaient pas à cette époque).
Mais j'ai beaucoup aimé.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
LoloKiLiLoloKiLi   16 mai 2012
L’oncle de mon père avait fait fortune comme architecte au lendemain de la guerre. La « modernisation du logement » recouvrait alors de juteux échanges avec le monde politique et les entreprises de construction. De nouvelles cités poussaient d’un seul jet dans les espaces froids, morts, excentrés, qui deviendraient plus tard les fameux « quartiers sensibles ». Nul n’y songeait, pour l’heure, et toute une génération de « Grand Prix de Rome » s’était tournée vers cette lucrative activité qui prolongeait, sans trop y croire, les utopies de Le Corbusier. Leur rêve d’artistes s’était transformé en trafic de cages à lapin ; ce qui ne les empêchait pas de retrouver tout leur talent pour construire leurs propres demeures.
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alzaiaalzaia   20 mai 2012
(...) Qu'on soit communiste ou capitaliste l'avenir se confondait avec le progrès.(...) l'avenir radieux ne semblait guère contestable. Cette perspective nourrissait les utopies révolutionnaires; elle se traduisait aussi, concrètement, par un style de vie et de consommation de plus en plus calqué sur celui des E.U.
Cette confiance dans l'avenir censé élargir sans fin notre horizon s'appuyait sur des symboles très concrets : le premier pas sur la lune en 1969 (...) Il me semble aussi que la phase descendante de la modernité commença dans ces mêmes années (...) Du jour au lendemain, la "crise" était devenue le thème central du discours économique et politique, accompagné de son corollaire : cette fameuse "sortie du tunnel" régulièrement annoncée sans jamais survenir. (...) Et, si les premiers pas de l'homme sur la lune avaient matérialisé un projet extraordinaire, il semblerait bientôt clair que nous ne franchirions jamais les confins du système solaire.(...) Le temps des rêves ferait place aux temps des peurs ...
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LoloKiLiLoloKiLi   16 mai 2012
En ce lundi de Pentecôte, sous un ciel gris et une mer agacée, l’agitation du bateau me causa d’affreuses nausées. Trois jours de grand calme m’avaient bercé d’illusions ; un seul coup de vent suffit à me faire comprendre que je ne serai jamais navigateur.
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MusikantMusikant   05 septembre 2011
Au cours de l'hiver 1977, à la Maison de la Culture, j'avais également découvert une pièce pour deux pianos de Luciano Berio, jouée par Katia et Marielle Labèque dans un spectacle chorégraphique de Félix Blaska. Subjugué par cette trame sonore liquide et mystérieuse, parcourue d'infimes nuances, je m’efforçais d'en retrouver les couleurs sur mon vieux Gaveau. Je manquais d'interlocuteurs pour partager ces découvertes ; mais la rareté même d'un tel répertoire en ville faisait de moi une sorte de pionnier local, réinventant l'Histoire pour son propre usage, et cultivant les plaisirs solitaires qui vont de pair avec l'exigence avant-gardiste.
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MusikantMusikant   05 septembre 2011
Déchiffrant quantité de traités théoriques, je m'étais d'abord intéressé au dodécaphonisme sériel - technique de composition qui, sous son nom compliqué, se révélait assez simple pour un compositeur en herbe possédant l'esprit logique. Loin des subtilités de l'harmonie tonale (qui requiert une longue éducation de l'oreille); j'étalais mes suites de notes à l'endroit, à l'envers, selon des calculs d'intervalles aussi amusants que le calcul mental.
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Videos de Benoît Duteurtre (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Benoît Duteurtre
Benoît Duteurtre - Livre pour adultes .Benoît Duteurtre vous présente son ouvrage "Livre pour adultes". Parution le 18 août 2016 aux éditions Gallimard. Rentrée littéraire 2016. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/benoit-duteurtre-livre-pour-adultes-9782072548093.html Notes de Musique : When You Leave by Sergey Cheremisinov. Free Musique Archive. Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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