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Noël Arnaud (Éditeur scientifique)Henri Bordillon (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070423549
Éditeur : Gallimard (30/04/2002)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 990 notes)
Résumé :
Le personnage d'Ubu est devenu le symbole universel de l'absurdité du pouvoir, du despotisme, de la cruauté. Jarry en montre le ridicule, lui oppose l'arme que les faibles gardent face aux tyrans, la formidable liberté intérieure que donne le rire. Le sens du comique et de l'humour change le tyran en marionnette, en ballon gonflé d'air.

Officier du roi Vencesla, décoré de l'ordre de l'Agle rouge, Ubu jouit d'une position enviable à la cour de Pologne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  16 mai 2013
Si je devais choisir un argument et un seul pour vous inciter à lire cette pièce, et si cela devait être son seul intérêt, je vous dirais très sûrement qu'il faut la lire parce qu'elle est drôle. Et que rien que pour cela, vous n'avez pas grand chose à perdre.
Je n'irai pas non plus jusqu'à vous soutenir qu'elle est franchement hilarante, mais les trouvailles de néologismes du père Ubu sont demeurées célèbres (la merdre ou le voiturin à phynances par exemples) et rendent la lecture fort distrayante, dans la lignée rabelaisienne.
L'histoire est burlesque ; les personnages grotesques (surtout le couple star du père et de la mère Ubu) ; les situations bouffonnes. le style décalé et tellement particulier qu'emploie l'auteur valent assurément le détour.
Alfred Jarry utilise le bon gros gras qui tache pour ridiculiser nos dirigeants et leurs ambitions. Je pense que c'est une pièce sans prétention qu'il a voulu faire, juste un bon morceau de déconnade, comme au meilleur des blagues potaches entre copains. (Cependant je n'ai pas creusé la question et n'ai rien lu sur le sujet, peut-être suis-je très loin des ambitions réelles de Jarry là-dessus, vous me direz si vous en savez plus, du moins, je l'ai perçu comme tel.)
La pièce s'ouvre comme une immense parodie des pièces de Shakespeare (Hamlet et MacBeth entre autre) où Ubu est une sorte d'équivalent de Polonius, c'est-à-dire un homme de confiance du roi, haut dignitaire du royaume. Mais Ubu, malgré cette place en or et fort peu fatigante est poussé à la conspiration par sa charmante épouse, l'innommable mère Ubu.
Ceux-ci fomentent avec le capitaine Bordure d'assassiner le roi et ses héritiers.
Personne n'en réchappe sauf l'ultime fils de Venceslas, un certain Bougrelas.
Je vous laisse découvrir ce que le couple royal saura faire du pouvoir ainsi que la manière dont se comporteront Bordure et Bougrelas.
Sachez seulement que le père et la mère Ubu cumulent à eux deux une somme de tares et de vices impressionnante, car ils sont, à tout le moins avides, incapables, poltrons, mais, et cela semble être la morale de la pièce, ils arrivent malgré tout au pouvoir et quand les choses tournent mal, parviennent à s'en tirer à moindre frais tandis que des hordes de pauvres bougres qui sont dans leur sillage payent le prix fort à leur place.
Ce pamphlet, certes un brin simpliste, est cependant efficace et transpire la gaieté jusqu'à nous, en tout cas, jusqu'à moi, car ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Hugo
  27 janvier 2014
Voilà qui une petite pièce bien rigolote, absurde sans pour autant être hilarante…
Mère Choupette : C'est tout ?
Père Hugo : C'est tout quoi ?
Mère Choupette : Si court (suivez son regard), Je croyais que tu étais un auteur de critique exceptionnel, que les femmes fantasmaient sur ta rhétorique de fanfaron
Père Hugo : Non d'une pipe, vous ne m'avez pas compris, à genoux je vous prie !
Mère Choupette : « Queue » nenni ; je vous avais très bien compris, je cite : « gare à toi mère choupette, les femmes de Babelio rêvent de poésie et de vulgarité, je comble leurs fantasmes de cochonneries libertines, elles me désirent toutes… et peut-être « queue »»
Père Hugo : Quiproquo, vilaine je re-cite : « gare à toi mère choupette, les femmes de Babelio sont pleines d'esprit, très poétique, jamais vulgaire elles fantasment de plaisirs littéraires… »
Mère Choupette : Vous mentez et le mensonge n'est pas très long, vous en conviendrez (suivez son regard)…
Père Hugo : Baliverne, la longueur n'a « queue » peu d'importance, c'est bien connu
Mère Choupette : Foutaise et légende de petits hommes chauves…
Père Hugo : Monstre, Qualité et endurance me caractérisent fort bien, n'est ce pas ma toute douce ?
Mère Choupette : Ma mémoire est aussi courte que votre désir…
Père Hugo : Et vous madame avez la langue bien pendue à défaut d'être utile… à genoux madame, et réglons ce mal-en-tendu…
Mère Choupette : Désolé, même à genoux je ne vois rien…
Père Hugo : je vous tends mon amour, il est au bord des larmes, un geste de votre part et il s'effondrera dans un dernier sanglot…
Mère Choupette : Voyez comme mon ventre est rond, je ne puis m'approcher d'autant, même avec volonté je ne saurais faire ce à quoi vous aspirez…
Père Hugo : aspirez à ma place, soyez gourmande, voyez comme je souffre de votre nonchalance…
Mère Choupette : Cessez-donc de faire votre enfant, soyez fort et indulgent, laissez mes genoux en paix et ma langue ou elle est…
Père Hugo : Je me meurs…
Mère Choupette : partez en paix mon amour déchu...
Père Hugo : Chienne de vie ! arggggggggggggg...... ..... ....

Le mot de la fin pour "Verdorie" dit la Hollandaise (J'adore verdorienette)
Reine Choupette : Et si, eu égard à mon ventre rond,
c'est vous qui, maintenant, fassiez le con
que vous mesuriez qu'une femme debout
adore voir un homme à ses genoux....
A plus les copains
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colimasson
  12 décembre 2013
On lit Ubu Roi et on s'émerveille : comment ? Cette pièce de théâtre aurait été écrite par un lycéen? A cet âge de tourments hormonaux et estudiantains, un Jarry surdoué, premier en thème, en version, en mathématiques et autres glorieuses disciplines, adepte d'une vie mondaine et littéraire précoce, aurait encore trouvé le temps de se faire l'auteur d'une pièce révolutionnaire ? Ubu Roi, tout grotesque qu'il soit, continue d'envahir l'espace. Quel est donc ce géniteur, certainement plus dingue, qui lui a donné vie ?

En remontant un peu aux sources de la création d'Ubu, on découvre que le personnage constitue la légende d'une génération d'étudiants. Lorsqu'il arrive au lycée, Alfred Jarry prend connaissance du mythe de P. H., professeur tout à la fois martyrisé et vénéré, victime d'un bouc-émissariat qui dépasse parfois son objet de proie. A son sujet, une pièce de théâtre intitulée les Polonais a déjà été élaborée et retouchée par une myriade d'étudiants à la fois féroces et géniaux. Alfred Jarry fut l'élève qui signa l'achèvement de cette tradition quasi-biblique, mélange de faits véridiques et de fantasmes, recueil d'allégories élaboré grâce à la transmission orale et manuscrite. Comme la préface l'indique, si Jarry a "instillé une dose de sexualité absente des élucubrations originelles" et s'il a "haussé le texte du scatologique à l'érotique", il n'empêche toutefois que "les situations ubiques et l'attirail de tortures du Père Ubu existaients, tels quels, dans les premiers écrits de Rennes ; l'action personnelle de Jarry sur quelques mots du texte initial n'a fait que rendre plus évidentes des pulsions enfantines et puis adolescentes décelables avant même ce travail de réécriture". On aimerait pouvoir comparer cet Ubu Roi à la dernière version des Polonais pour se rendre réellement compte du travail de peaufinage effectué par Alfred Jarry. Ses modifications furent peut-être minimes et bénéficièrent certainement de l'impulsion d'un élan créateur original; il n'empêche qu'il a su trouver les mots et les situations finales qui figèrent le texte dans sa perfection décisive.

Ce n'est pas pour rien que la pièce fut représentée officiellement pour la première fois au théâtre de l'Oeuvre. Si Alfred Jarry se défend de toute conception intellectualisante du théâtre, il se fit toutefois l'auteur d'un essai critique sur l'absurde au théâtre, qui le fera lorgner vers le symbolisme. Ainsi, Ubu Roi est un symbole : en lui se résument le rustre, grossier, aviné, avide et machiste, l'homme assoiffé de vin mais aussi d'argent, de pouvoir et de territoires. Malgré toutes ces caractéristiques, Ubu Roi n'est pas détestable : sa personnalité est un fardeau divin. Ses valeurs se jugent à l'aune de lui-même: est bien tout ce qui l'améliore, est mauvais tout ce qui le diminue. Ainsi commet-il de mauvaises actions sans en avoir conscience, ainsi n'en commet-il pas de bonnes par hasard, et non pas par méchanceté. Son "merdre" même est tout un symbole : c'est le ridicule qui alourdit la démarche du méchant pour le rendre seulement grossier.

Les personnages entourant le pauvre père Ubu ne valent pas mieux que lui. Son épouse, la mère Ubu, apparaît plus ouvertement sournoise. Elle accepte de se laisser humilier par sa tendre moitié pour mieux tirer les ficelles de la guerre qui se trame entre Ubu et les polonais. Les nobles sont tous pourris, le peuple est maudit, les riches passent à la trappe, et le voiturin à phynances se remplit tant bien que mal. Un ours passe. On meurt et on ressuscite à toute vitesse, entre deux "corne physique" enlacés des plus délicats néologismes inventés par un auteur pluriforme, gargarisé de latin, de littérature classique et de sciences physiques.

Si Ubu Roi plaît autant, ce n'est pas simplement parce qu'il représente la vulgarité qui fait rire mais que l'on méprise. On ne jette pas de regard dédaigneux sur les aventures et les pensées de ce bon vieux père inspiré des personnages rabelaisiens. Au contraire, on le voit se passionner et se lancer dans des tirades enluminées, qui virent parfois presque au lyrisme, avec une admiration croissante. le père Ubu représente une tentation et la déchéance d'un homme qui a tant et si bien méprisé la culture et les luttes terrestres qu'il a fini par abdiquer, et par en devenir le pire contributeur. Don Quichotte de la chevalerie, mais aussi de la littérature et des sciences. Ubu Roi est fou, à moins qu'il ne soit génial.

Lien : http://colimasson.over-blog...
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Laurence64
  30 mars 2013
Despotique et grassouillet, grotesque et cynique, cruel et hâbleur, mesquin et vil, le père Ubu collectionne les petitesses comme d'autres les sous bocks.
L'un est pataphysicien sans le savoir, l'autre est cervalobélophile (sans le savoir non plus. On hésiterait à se qualifier ainsi. Quoique le qualificatif ne soit pas plus ridicule que la marotte).

En tous les cas, il est bien plus aisé de glisser l'adjectif ubuesque au milieu d'un raout que cervalobélophile. L'un vous désigne comme intellectuel, l'autre laisse à penser que vous avez subi une lobotomie et que vous avez apprécié.
C'est donc au milieu d'un raout très guindé qu'il convient de lâcher la référence au père Ubu. Et de marcher sur ses traces.
Le temps de recueillir quelques mimiques approbatrices à propos de votre culture littéraire (et par respect pour Rabelais, Molière, et toute la pataphysique réunie) vous vous lancez, tel un goret, dans l'entreprise folle d'expulser manu militari votre hôte fortuné, de détrousser l'ensemble des convives, de défenestrer les quelques réticents, tandis que votre épouse écume les autres appartements de cet hôtel particulier du XVI° arrondissement parisien à la recherche d'un or qu'elle ne compte en aucun cas partager avec vous.
Vous ne barguignez pas! Vous dérobez les titres de propriété, les faîtes vôtres, menacez le ministre du budget qui sirotait sa fine champagne afin d'empocher l'ensemble des impôts sur le revenu sans oublier la taxe sur la valeur ajoutée, bien plus rémunératrice.
Bref, vous fichez un grand coup de pied dans la fourmilière comme Jarry le fit en son temps avec cette grosse et grasse blague potache qui n'hésite devant aucun jeu de mots foireux tel le combat entre voraces et coriaces.
Cela se passe en Pologne, c'est à dire nulle part, nulle part étant partout d'autant qu'à l'époque la Pologne n'était pas un Etat.
La trame est aussi sommaire que dans une pièce de boulevard mais sans placard, avec plus d'envolées argotiques, et sans cette désespérante convenance faussement délurée.
Comme Iznogoud, longtemps après Ubu, tentera d'être calife à la place du calife, Ubu veut assassiner son roi pour avoir de la phynance, une capeline, un cabas jusqu'au pied, un joli parapluie et se goinfrer. Comme le font depuis toujours les hommes à coup de putsch, d'élections trafiquées, de rafales d'armes automatiques.
Ça cavalcade, injurie, trahit, occis. Ça grasseye, se vautre dans le grotesque, et entre deux "merdre" pastiche Racine (rare, trop rare moment ).
Avec Ubu roi, Jarry a pataugé gaiment dans l'absurde et l'indélicatesse. Mais un brin de subtilité ne lui aurait pas fait de mal.
N'est pas Rabelais qui veut.
Moi, ça m'emmerdre un peu. Voire beaucoup. La répartie est inégale. La drôlerie relève davantage de la blague Carambar. Mais comme la pièce est aussi courte que les idées qu'elle véhicule, ça aide, cornouille, à aller jusqu'au bout.

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Foxfire
  28 septembre 2017
Je ne fais pas partie de ceux qui considèrent que le théâtre ne se lit pas. La scène et le papier sont juste selon moi 2 façons différentes, parfois complémentaires, d'aborder ce registre. le théâtre est avant tout l'art du dialogue et si l'entendre vivre par la bouche d'un acteur est très plaisant, le lire permet de le savourer d'une autre façon mais très intéressante également. Bien entendu, certaines pièces sont sans doute plus propices à la lecture que d'autres. Peut-être que ce n'est pas le cas de la pièce de Jarry. Je ne peux pas l'affirmer n'ayant pas vu la pièce sur scène. En tout cas, je n'ai pas pris plaisir à la lire.
Je reconnais à Jarry du talent dans l'écriture, dans la façon de manier les mots , de jouer avec. J'ai bien perçu la férocité du propos derrière la farce grotesque. Mais je ne me suis jamais sentie impliquée dans cette pièce, je n'ai jamais réussi à m'intéresser à ce qui s'y passait. Et pire, je n'ai pas trouvé ça drôle. Je n'ai pas ri, ni même souri une seule fois. Et il n'y a rien de plus triste qu'une comédie qui vous laisse de marbre. Pourtant, je suis friande d'humour absurde et non-sensique. Mais là, ça n'a pas fonctionné.
Je me suis donc ennuyée à la lecture de cette pièce culte. En fait, j'ai trouvé plus intéressantes les 2 pages biographiques en tête d'ouvrage que la pièce elle-même (ce Jarry avait l'air d'être un sacré personnage !).
Challenge Multi-défis 2017 - 43 (item 8 : une pièce de théâtre)
Challenge XIXème siècle 2017 - 5
Challenge ABC 2017-2018 - 3/26
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Citations et extraits (63) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   02 juin 2014
Je fus pendant longtemps ouvrier ébéniste
Dans la ru’ du Champs d’ Mars, d’ la paroiss’ de Toussaints ;
Mon épouse exerçait la profession d’ modiste
Et nous n’avions jamais manqué de rien.
Quand le dimanch’ s’annonçait sans nuage,
Nous exhibions nos beaux accoutrements
Et nous allions voir le décervelage
Ru’ d’ l’Echaudé, passer un bon moment.
Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez la cervell’ sauter,
Voyez, voyez les Rentiers trembler;
(Choeur) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu !
Nos deux marmots chéris, barbouillés d’ confitures,
Brandissant avec joi’ des poupins en papier
Avec nous s’installaient sur le haut d’ la voiture
Et nous roulions gaîment vers l’Echaudé.
On s’ précipite en foule à la barrière,
On s’ flanque des coups pour être au premier rang ;
Moi j’me mettais toujours sur un tas d’pierres
Pour pas salir mes godillots dans l’sang.
Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez la cervell’ sauter,
Voyez, voyez les Rentiers trembler;
(Choeur) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu !
Bientôt ma femme et moi nous somm’s tout blancs d’ cervelle,
Les marmots en boulott’nt et tous nous trépignons
En voyant l’Palotin qui brandit sa lumelle,
Et les blessur’s et les numéros d’ plomb.
Soudain j’ perçois dans l’ coin, près d’ la machine,
La gueul’ d’un bonz’ qui n’ m’ revient qu’à moitié.
Mon vieux, que j’ dis, je r’connais ta bobine :
Tu m’as volé, c’est pas moi qui t’ plaindrai.
Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez la cervell’ sauter,
Voyez, voyez les Rentiers trembler;
(Choeur) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu !
Soudain j’ me sens tirer la manche’par mon épouse ;
Espèc’ d’andouill’, qu’elle m’ dit, v’là l’ moment d’te montrer :
Flanque-lui par la gueule un bon gros paquet d’ bouse.
V’là l’ Palotin qu’a juste’ le dos tourné.
En entendant ce raisonn’ment superbe,
J’attrap’ sus l’ coup mon courage à deux mains :
J’ flanque au Rentier une gigantesque merdre
Qui s’aplatit sur l’ nez du Palotin.
Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez la cervell’ sauter,
Voyez, voyez les Rentiers trembler;
(Choeur) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu !
Aussitôt j’ suis lancé par dessus la barrière,
Par la foule en fureur je me vois bousculé
Et j’ suis précipité la tête la première
Dans l’ grand trou noir d’ousse qu’on n’ revient jamais.
Voila c’ que c’est qu’d’aller s’ prome’ner l’ dimanche
Ru’ d’ l’Echaudé pour voir décerveler,
Marcher l’ Pinc’-Porc ou bien l’Démanch’- Comanche :
On part vivant et l’on revient tudé !
Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez la cervell’ sauter,
Voyez, voyez les Rentiers trembler;
(Choeur) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu !
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Nastasia-BNastasia-B   08 décembre 2012
PÈRE UBU : Je viens donc te dire, t'ordonner et te signifier que tu aies à produire et exhiber promptement ta finance, sinon tu seras massacré. Allons, messeigneurs les salopins de finance, voiturez ici le voiturin à phynances.
STANISLAS : Sire, nous ne sommes inscrits sur le registre que pour cent cinquante-deux rixdales que nous avons déjà payées, il y aura tantôt six semaines à la Saint Mathieu.
PÈRE UBU : C'est fort possible, mais j'ai changé le gouvernement et j'ai fait mettre dans le journal qu'on paierait deux fois tous les impôts et trois fois ceux qui pourront être désignés ultérieurement. Avec ce système, j'aurai vite fait fortune, alors je tuerai tout le monde et je m'en irai.
PAYSANS : Monsieur Ubu, de grâce, ayez pitié de nous. Nous sommes de pauvres citoyens.
PÈRE UBU : Je m'en fiche. Payez.
PAYSANS : Nous ne pouvons, nous avons payé.
PÈRE UBU : Payez ! ou ji vous mets dans ma poche avec supplice et décollation du cou et de la tête !
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CielvariableCielvariable   11 mai 2013
PÈRE UBU
Merdre.
MÈRE UBU
Oh ! voilà du joli, Père Ubu, vous estes un fort grand voyou.
PÈRE UBU
Que ne vous assom’je, Mère Ubu !
MÈRE UBU
Ce n’est pas moi, Père Ubu, c’est un autre qu’il faudrait assassiner.
PÈRE UBU
De par ma chandelle verte, je ne comprends pas.
MÈRE UBU
Comment, Père Ubu, vous estes content de votre sort ?
PÈRE UBU
De par ma chandelle verte, merdre, madame, certes oui, je suis content. On le serait à moins : capitaine de dragons, officier de confiance du roi Venceslas, décoré de l’ordre de l’Aigle Rouge de Pologne et ancien roi d’Aragon, que voulez-vous de mieux ?
MÈRE UBU
Comment ! après avoir été roi d’Aragon vous vous contentez de mener aux revues une cinquantaine d’estafiers armés de coupe-choux, quand vous pourriez faire succéder sur votre fiole la couronne de Pologne à celle d’Aragon ?
PÈRE UBU
Ah ! Mère Ubu, je ne comprends rien de ce que tu dis.
MÈRE UBU
Tu es si bête !
PÈRE UBU De par ma chandelle verte, le roi Venceslas est encore bien vivant ; et même en admettant qu’il meure, n’a-t-il pas des légions d’enfants ?
MÈRE UBU
Qui t’empêche de massacrer toute la famille et de te mettre à leur place ?
PÈRE UBU
Ah ! Mère Ubu, vous me faites injure et vous allez passer tout à l’heure par la casserole. (...)
+ Lire la suite
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colimassoncolimasson   04 juin 2014
Caractéristiques du P. H. - Il naquit avec son chapeau forme simili-cronstadi, sa robe de laine et son pantalon à carreaux. Il porte sur le haut de la tête une seule oreille extensible qui, en temps normal, est ramassée sous son chapeau; il a les deux bras du même côté (comme ont les yeux, les soles) et, au lieu d'avoir les pieds, un de chaque bord comme les humains, les a dans le prolongement l'un de l'autre, de sorte que quan dil vient à tomber, il ne peut pas se ramasser tout seul et reste à gueuler sur place jusqu'à ce qu'on vienne le ramasser. Il n'a que trois dents, une dent de pierre, une de fer et une de bois. Quand ses dents de la mâchoire supérieure commencent à percer, il se les renfonce à coups de pied.
N.B. On appelle ombilic le ou les points d'une surface où cette surface est coupée par son plan tangent suivant un cercle.
On démontre que:
1° Tous les points de la surface du P. H. sont des ombilics;
2° Tout corps tel que tous les points de sa surface soient des ombilics est un P. H.

-Notices et notes sur Ubu Roi-
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genougenou   25 avril 2019
[...] j'ai changé le gouvernement et j'ai fait mettre dans le journal qu'on paierait deux fois tous les impôts et trois fois ceux qui pourront être désignés ultérieurement. Avec ce système j'aurai vite fait fortune, alors...
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Videos de Alfred Jarry (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alfred Jarry
ALFRED JARRY (1873-1907)– Un siècle d'écrivains [1995] Un documentaire réalisé par Jean-Christophe Averty. Première diffusion sur France 3 le 01.11.1995. ----------------------------------------------------------------------
Jean-Christophe Averty qui a adapté pour la télévision, entre 1965 et 1981, les principales œuvres d'Alfred Jarry, considère comme une « vraie chance d'avoir, en 1995, quatre-vingt-dix-neuf ans après la générale d' 'Ubu roi', à réaliser – c'est-à-dire rendre vrai et effectif – une télévisuelle bio-bibliographie, fût-elle succinte, d'Alfred-Henri Jarry ». Fidèle à sa méthode, Jean-Christophe Averty colle, superpose et assemble les prises de vues réelles, les photographies, les gravures et dessins en un montage rapide. Le commentaire – confession, dite à la première personne – avec les souvenirs de sa sœur Charlotte, composent une sorte de prortrait de Jarry par lui-même. Dans ses intentions, le réalisateur précise : « En bon élève, bien appliqué, l'Averty s'efforcera de rendre un hommage bruyant et désespéré à l'auteur qui l'a le plus influencé lorsqu'il avait dix-sept ans ».
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