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Prix Littéraire des Collégiens
Liste créée par Shaynning le 05/04/2020
89 livres.

Le Prix littéraire des collégiens, comme son nom l’indique, est un prix littéraire décerné chaque année par un jury formé d’étudiants provenant des différents collèges et cégeps du Québec. Il commença en 2003.

Vous trouverez les Lauréats, suivis des quatre finalistes.

*Exception pour l'an 2003, qui comprenait apparemment deux catégorie, PLC et PLI, et donc a deux Lauréats et huit finalistes.



1. Ce qu'on respire sur Tatouine
Jean-Christophe Réhel
3.83★ (196)

LAURÉAT 2019. La route est longue d’un sous-sol de Repen­ti­gny jusqu’à la pla­nète Tatouine. Sur­tout si l’on passe par le Super C, Cen­tral Park et le sei­zième étage du CHUM. Mais, pour l’esprit obses­sif, rêveur et décalé du nar­ra­teur, ces détours sont autant d’aventures salutaires. Jean-­Christophe Réhel explore dans ce roman hors norme, tou­chant et drôle les thèmes qui lui sont chers: la soli­tude, la fatigue et la maladie.
2. Créatures du hasard
Lula Carballo
3.31★ (30)

FINALISTE 2019. Entre récit illustré de photographies et biographie romancée, Créatures du hasard retrace le quotidien d’une enfant de neuf ans, quelque part dans les années quatre-vingt-dix, au coeur d’un quartier populaire d’Amérique du Sud. Les femmes de sa famille vivent en marge de la société. La petite les observe et veut prendre part à leurs activités : Léo, son arrière-grand-mère, joue à la loterie, sa grand-mère Régina mise à la roulette, alors que sa mère préfère les machines à sous de la taverne du coin.
3. Querelle / Querelle de Roberval
Kevin Lambert
3.38★ (393)

FINALISTE 2019. Les ouvriers et ouvrières de la scierie de Roberval sont en grève. Sous l’apparente cohésion de la lutte, on découvre rapidement les revendications plus personnelles de chacun. Ils partagent toutefois un même désir d’échapper à la misère et de se venger de leur boss, Brian Ferland. Alors que le conflit s’enlise, le lockout que décrète Ferland réveille en eux une rage enfouie. La folie s’empare des employé·e·s, qui rejoignent la ronde infernale du beau Querelle, héros de Jean Genet copié-collé dans ce décor québécois, élément de chaos, sable dans l’engrenage de la machine économique, hétérosexuelle et patriarcale. Tout est désormais permis. Ils cassent des bouteilles sur la plage, règlent leurs comptes à coups de batte de baseball. Et puis ils font pire, bien pire…
4. Les villes de papier
Dominique Fortier
3.93★ (635)

FINALISTE 2019. Si, comme elle l’écrit, l’eau s’apprend par la soif et l’oiseau par la neige, alors Emily Dickinson, elle, s’apprend par la mer et par les villes. Figure mythique des lettres américaines, celle que l’on surnommait « la dame en blanc » demeure encore aujourd’hui une énigme. Elle a toujours refusé de rendre sa poésie publique et a passé les dernières années de sa vie cloîtrée dans sa chambre ; on s’entend pourtant maintenant à voir en elle un des écrivains les plus importants du dix-neuvième siècle. Les villes de papier explore son existence de l’intérieur, en mode mineur, à travers ses livres, son jardin et ses fantômes. Autour de moments de la vie d’Emily, Dominique Fortier trace un roman à la fois grave et cristallin, et nous offre une réflexion d’une profonde justesse sur les mondes qui nous construisent, sur les lieux que nous habitons et qui nous habitent aussi. Voir la bibliothèque complète
5. De synthèse
Karoline Georges
3.49★ (103)

FINALISTE 2019. L’une s’immobilise devant les fenêtres de sa maison en banlieue avec le poids de la mort au creux du ventre; l’autre cherche à traverser l’écran pour se transformer en image grâce à son avatar numérique, en quête d’absolu. L’une a donné naissance à l’autre, qui tente maintenant de renaître à travers un corps virtuel, loin de la morosité du nid familial. Récit d’une lumineuse lucidité propre à ouvrir les consciences et à faire vibrer les âmes, De synthèse met en lumière l’aboutissement d’une relation filiale du point de vue d’une femme-image renouant avec sa famille au moment où sa mère entre en phase terminale, au terme d’une longue période de dégénérescence. C’est une histoire de corps, de disparition, de reflets, de composition et de décomposition. C’est l’histoire d’une image à parfaire, par-delà le désastre de la chair.
6. Royal
Jean-Philippe Baril Guérard
4.00★ (370)

LAURÉAT 2018. La faculté de droit de l’Université de Montréal est le dépotoir de l’humanité. Tu le sais : t’en es le déchet cardinal. Tu viens de commencer ta première session, mais y a pas une minute à perdre : si tu veux un beau poste en finissant faudra un beau stage au Barreau et si tu veux un beau stage au Barreau faudra une belle moyenne au bacc et si tu veux une belle moyenne au bacc faudra casser des gueules parce qu’ici c’est free-for-all et on s’élève pas au-dessus de la mêlée en étant gentil. Être gentil, c’est être herbivore, c’est se vautrer dans la médiocrité, et toi tu comprends pas la médiocrité, tu aimes pas la médiocrité, tu chies sur la médiocrité. Toi, t’es venu ici pour être le roi de la montagne, et le début des cours, c’est le début du carnage.
7. De bois debout
Jean-François Caron
3.94★ (82)

FINALISTE 2018. Le coup est parti. Alexandre a vu mourir son père, abattu par erreur. Alors il a couru, fonçant à travers les branches, affolé, vers la première maison, chez celui qu’on appelle Tison. La chasse à l’aube, les sandwichs de pain blanc, les bûches qu’il faut corder droit, en un instant tout s’est évanoui dans la paix de la forêt. Alexandre quitte Paris-du-Bois, marche dans la solitude, il a perdu les gens qu’il aime. Des voix – des chœurs, des airs volatiles – se joignent à la sienne durant ses lectures. Engoncé dans le silence de ce père sans passé, il se tourne vers l’unique refuge possible : les livres. Le père, lui, il n’aimait pas les livres.
8. Au grand soleil cachez vos filles
Abla Farhoud
3.66★ (47)

FINALISTE 2018. Les Abdelnour ont passé près de quinze ans au Québec avant que le père ne les force à rentrer au pays natal, le Liban. Après quelques mois d’émerveillement devant le paysage lumineux de la côte, il leur faut bien s’installer dans leur nouvelle vie, apprendre les codes culturels, s’inventer un avenir. Pour la jeune Ikram, profondément attachée à l’indépendance et à la liberté dont elle jouissait en Amérique, l’épreuve est particulièrement ardue. Dans la chaleur entêtante et sous le regard oppressant des hommes, comment rester fidèle à ses ambitions ? Comment exercer son métier de comédienne dans un monde ou « actrice » est synonyme de « putain » ? Au Grand Soleil, comment s’épanouir sans se brûler ?
9. Le plongeur
Stéphane Larue
4.00★ (873)

FINALISTE 2018. Nous sommes à Montréal au début de l’hiver 2002. Le narrateur n’a pas vingt ans. Il aime Lovecraft, le métal, les comic books et la science-fiction. Étudiant en graphisme, il dessine depuis toujours et veut devenir bédéiste et illustrateur. Mais depuis des mois, il évite ses amis, ment, s’endette, aspiré dans une spirale qui menace d’engouffrer sa vie entière : c’est un joueur. Il joue aux loteries vidéo et tout son argent y passe. Il se retrouve à bout de ressources, isolé, sans appartement. C’est à ce moment qu’il devient plongeur au restaurant La Trattoria, où il se liera d’amitié avec Bébert, un cuisinier expérimenté, ogre infatigable au bagou de rappeur, encore jeune mais déjà usé par l’alcool et le speed. Pendant un mois et demi, ils enchaîneront ensemble les shifts de soir et les doubles, et Bébert tiendra auprès du plongeur le rôle de mentor malgré lui et de flamboyant Virgile de la nuit. On découvre ainsi le train survolté d’un restaurant à l’approche des fêtes et sa galerie mouvante de personnages : propriétaire, chef, sous-chefs, cuisiniers, serveurs, barmaids et busboys. Si certains d’entre eux semblent plus grands que nature, tous sont dépeints au plus près des usages du métier, avec une rare justesse. C’est en leur compagnie que le plongeur tente de juguler son obsession pour les machines de vidéopoker, traversant les cercles d’une saison chaotique rythmée par les rushs, les luttes de pouvoir et les décisions néfastes.
10. Le corps des bêtes
Audrée Wilhelmy
3.77★ (69)

FINALISTE 2018. Osip se refuse à sa nièce. Il ne lui montrera pas comment « faire le sexe des humains », même s’il ne voit pas trop qui pourra le lui enseigner sur le rocher qu’ils habitent avec le reste du clan. Il n’a pas pitié de Mie. Elle appartient à cette plage qu’il observe depuis la plateforme du phare où il passe ses journées. Seuls l’intéressent les bateaux étrangers et la femme de l’aîné. Celle-ci n’a ni la pudeur de la Vieille, ni les manières des femmes qu’il a croisées jadis à Seiche. Son frère l’a engrossée dès son arrivée à Sitjaq, mais qui s’en soucie ? Sur ce bout de terre rocailleux, les bêtes sont à qui les prend.
11. Le Poids de la neige
Christian Guay-Poliquin
4.03★ (1087)

LAURÉAT 2017.Dans une véranda cousue de courants d’air, en retrait d’un village sans électricité, s’organise la vie de Matthias et d’un homme accidenté qui lui a été confié juste avant l’hiver. Telle a été l’entente : le vieil homme assurera la rémission du plus jeune en échange de bois de chauffage, de vivres et, surtout, d’une place dans le convoi qui partira pour la ville au printemps.Les centimètres de neige s’accumulent et chaque journée apporte son lot de défis. Près du poêle à bois, les deux individus tissent laborieusement leur complicité au gré des conversations et des visites de Joseph, Jonas, Jean, Jude, José et de la belle Maria. Les rumeurs du village pénètrent dans les méandres du décor, l’hiver pèse, la tension est palpable. Tiendront-ils le coup ?
12. Les maisons
Fanny Britt
3.58★ (369)

FINALISTE 2017.Tessa, chanteuse classique convertie en courtière immobilière, vend des maisons et ne va pas bien. Elle élève trois fils qu’elle adore avec un homme qui la chérit. Dans trois jours, elle a rendez-vous avec Francis, un ancien amour qui n’a jamais guéri. Entre-temps, il y aura des visites de propriétés, des cabines d’essayage, des cours de natation, des ponts en bâtons de popsicle à livrer à l’expo-sciences de l’école, des étreintes dans la nuit, des deuils, des rappels de l’enfance, des fantômes, et la peur de vieillir dans l’amertume. Cesse-t-on un jour de désirer ce qu’on a désiré à vingt ans ?
13. Mektoub
Serge Lamothe
4.00★ (18)

FINALISTE 2017.Mektoub ! C’était écrit ! Cette expression, qui évoque la fatalité, résume à elle seule un éternel débat : notre destinée échappe-t-elle à notre volonté ou disposons-nous d’un libre arbitre qui nous permet de l’infléchir ? Le 31 juillet 1976, à Montréal, le dernier accident d’une série de sept va déterminer le destin d’un homme et d’une femme qui, leur vie durant, tenteront de donner un sens à cet événement.
14. Des femmes savantes
Chloé Savoie-Bernard
3.60★ (30)

FINALISTE 2017. Ces femmes ont bien appris la leçon. Les règles, elles les connaissent. Est-ce donc leur faute si, au dernier moment, ça coince ? La ligne de khôl, les vœux du Nouvel An, un coiffeur qui vous prend pour Courtney Love, une fin de soirée sans condom, ce plan si simple pour faire renvoyer la vendeuse détestée de toutes… Prises entre désir de plaire et souci d’authenticité, les femmes et les filles mises en scène par Chloé Savoie-Bernard se délectent de leur solitude jusqu’à l’écœurement. Quelles parts de soi faut-il enjamber pour atteindre l’autre ? Certaines arriveront à faire le grand écart, d’autres non. Habitées par les sons et les langues de Montréal, par la musique pop et la poésie, ces nouvelles sont portées par un souffle aussi lyrique qu’impur. La contamination est amorcée.
15. Le continent de plastique
David Turgeon
3.50★ (23)

FINALISTE 2017. Les biographes ont établi que le prolifique auteur de L’ouvreuse de cinéma, de Rentrer de noirceur et de bien d’autres titres a eu recours, pendant pas moins de dix ans, à un assistant. Quel a été le rôle exact de cet assistant dans l’écriture des romans de cette période ? À quelles autres plumes a-t-il secrètement prêté son concours ? Dans quelles circonstances a-t-il rencontré l’épatante Denise Bruck, grand amour de sa vie ? Quelle était la nature de leurs liens avec la mystérieuse Fondation Schasch ? Et que venait faire le continent de plastique dans toute cette histoire ? À ces multiples questions je crois pouvoir donner une réponse complète et satisfaisante. Cet assistant, c’était moi.
16. L'année la plus longue
Daniel Grenier
3.23★ (118)

LAURÉAT 2016.Un jour, Albert Langlois explique à son fils Thomas en quoi il n’est pas comme les autres. Pour préserver l’équilibre précaire du monde, pour que s’accordent la révolution des planètes et le tic-tac atomique des horloges suisses, Thomas ne peut pas exister tous les ans. Quelque part dans une des salles secrètes de la Royal Society, ou dans les souterrains de la Rome des papes, on a décidé de son sort, plusieurs siècles auparavant. Puis Albert disparaît. Il retourne dans le nord, avec son secret et ses carnets de notes contenant l’ensemble de ses recherches, et Thomas se met à grandir comme les autres, entouré des Appalaches et du quotidien des rues chaudes de Chattanooga, Tennessee. Son corps aurait dû ralentir, mais les événements se sont précipités. Roman des territoires éternels et des destinées fragiles, des tribus déportées et des guerres civiles ; légende d’une autre époque qui cherche à conquérir la nôtre et à la transcender, L’année la plus longue se nourrit autant de la magie du Benjamin Button de Fitzgerald que des fabulations historiques de Ferron. Daniel Grenier signe avec ce premier roman une grande épopée américaine traversant trois siècles, une histoire inoubliable de vies trop courtes et de vies sans fin.
17. Ce qu'il reste de moi
Monique Proulx
3.46★ (69)

FINALISTE 2016. Il y a d’abord Laurel, l’insatiable chercheur de Vérité, qui nous guide à travers ce roman d’aventures multiples et d’êtres intenses. Sous son stéthoscope, il y a son père Thomas, scénariste de renom à la dévastation bien camouflée, sa jeune tante Gaby, qui enseigne le français aux immigrants, sa grand-mère Françoise Bouchard, la matriarche de cette lignée de « pure-laine » venue de France pour se joindre à la Folle Entreprise, qui même morte continue de se manifester. Il y a bientôt Maya, l’ex-petite amie de Laurel, trop belle pour être fidèle, qui fréquente des artistes exaltés et vit dans un appartement hanté. Il y a Guillaume, prêtre sulpicien comme l’étaient les premiers prêtres de la colonie, qui se spécialise dans les exorcismes et avec qui on prend rendez-vous par téléphone cellulaire. Il y a l’Afghan Zahir Ramish, qui s’est réfugié dans l’église du prêtre sulpicien pour y mener une grève de la faim. Il y a Virginie Hébert, amie de Guillaume et néanmoins révoltée contre l’Église passéiste qu’elle sert depuis trente ans. Il y a Markus, le jeune juif qui a fui sa communauté, il y a sa mère qui le cherche dans Montréal, il y a Laila, la jeune musulmane apparemment menacée, et son père apparemment menaçant, qui se révèle un soufi empreint de douceur, il y a un Inuk itinérant, un Mohawk chaman… plein de visages de l’absolu parfois sous forme de désolation.
18. Demoiselles-Cactus
Clara B.-Turcotte
2.38★ (9)

FINALISTE 2016. Mélisse pourrait être un elfe joyeux, mais il y a en elle une marginale, une anticonformiste extralucide qui participe tout en résistant à une thérapie de groupe pour troubles de l’alimentation, prend ou pas ses médicaments, dort beaucoup pour fuir la / sa réalité, se gèle à différentes substances, se prive de bouffe et s’empiffre par la suite, cherche sa voie et la fuit en même temps. Mais c’est surtout une demoiselle-cactus, dont les épines se dressent au contact des autres. Au milieu de sa vingtaine, dans l’interstice du « quart de vie en crise », elle a connu quelques relations difficiles qui lui ont appris davantage sur les hommes que sur l’amour, et qui l’ont surtout fait se culpabiliser sans cesse, et dans des scénarios de plus en plus sophistiqués, de son état dysfonctionnel. À force de suivre ses intuitions et prémonitions – parfois apocalyptiques –, cette « experte en matière de vomissement » a commencé à douter de l’honnêteté de son amoureux actuel, plus âgé qu’elle, cet autre si gentil, si indifférent, si lisse, si désireux de la laisser dans son état de petite fille aux prises avec un corps de femme qui ne veut pas grandir. Avec l’aide d’un ancien ami de jeunesse devenu pirate informatique, elle mène une enquête : cet homme mystère, ne serait-il pas devenu secrètement pédophile à ses heures ?
19. La nageuse au milieu du lac
Patrick Nicol
3.40★ (33)

FINALISTE 2016.La mère va disparaître. Elle a déjà perdu ses mots, ses souvenirs s’effacent un à un, bientôt tout son corps l’abandonnera. D’ici là, ses paroles désordonnées font surgir en vous la mémoire d’époques oubliées. L’enfant que vous étiez, le quartier tel que vous l’avez connu et d’autres jeunesses aussi, la sienne, celle de ses parents. La mère est devenue votre enfant : il faut la mener à ses rendez-vous, la soigner, la déménager, signer les papiers qui accélèrent ou retardent sa perte. L’accompagner sur le seuil et continuer d’avancer. Il ne s’agit pas ici de témoigner, mais de sublimer : transformer l’expérience en objet de beauté. Ne pas chercher à tout dire, ne rien expliquer ; montrer. Les visages changeants, les oiseaux par la fenêtre, les ongles trop longs, la crise, et vos élèves qui attendent des réponses alors que le monde vous échappe.
20. Six degrés de liberté
Nicolas Dickner
3.57★ (355)

FINALISTE 2016. Où l’on raconte l’histoire d’une jeune fille qui désire repousser les limites de l’expérience humaine, d’un hacker qui veut optimiser la circulation mondiale des bananes et des coussins, d’une employée de la GRC qui rêve d’en finir une bonne fois pour toutes avec la géographie, d’un septuagénaire qui perd un boulon, d’une acheteuse compulsive bipolaire, de six perruches et d’un chat intermittent, tous unis dans un jeu de société à l’échelle planétaire dont personne ne connaît les règles.
21. L'Orangeraie
Larry Tremblay
4.20★ (1525)

LAURÉAT 2015.Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi. Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance et sépare leurs destins. Des hommes viennent réclamer vengeance pour le sang versé. Amed, à moins que ce ne soit Aziz, devra consentir au plus grand des sacrifices. Et tous payeront le tribut des martyrs, les morts comme ceux qui restent.
22. Fais pas cette tête
Jean-Paul Beaumier
3.44★ (13)

FINALISTE 2015.À travers dix-sept textes, on découvre le monde doux-amer auquel le nouvelliste nous a habitués. Une jeune fille qui vient de perdre sa mère craint de se faire percer les oreilles, un traducteur obsédé par la recherche du mot juste voit sa vie lui échapper, une femme met fin à une relation d’où le plaisir avait été banni, un homme tente maladroitement de recoller les morceaux de sa vie conjugale, un autre découvre le pouvoir de la littérature au moment de prendre sa retraite. Tout cela est empreint de doute et de tendresse. « Fais pas cette tête », semble nous dire l’auteur, « après tout, c’est la vie ».
23. Le feu de mon père
Michael Delisle
3.24★ (44)

FINALISTE 2015. La question qui revient éternellement est celle-ci : où va le feu ? Et la question me revient au chevet de mon père. Je passe mon doigt sur son vieux tatouage de marin (une ancre avec les lettres MN pour merchant navy) qui n’est plus qu’une pastille noire et floue. Ces cellules sont aussi les miennes. Je reconnais la parenté organique et l’odeur qui monte de son corps : un parfum de vieux drap gorgé de phéromones. Cet encens sébacé est mon seul lien avec cet homme, le seul que je reconnaisse. Cet animal m’a donné la vie.
24. Bondrée
Andrée A. Michaud
3.72★ (1254)

FINALISTE 2015. Été 67. Le soleil brille sur Boundary Pond, un lac frontalier rebaptisé Bondrée par Pierre Landry, un trappeur canuck dont le lointain souvenir ne sera bientôt plus que légende. Le temps est au rire et à l’insouciance. Zaza Mulligan et Sissy Morgan dansent le hula hoop sur le sable chaud, les enfants courent sur la plage et la radio grésille les succès de l’heure dans l’odeur des barbecues. On croit presque au bonheur, puis les pièges de Landry ressurgissent de la terre, et Zaza disparaît, et le ciel s’ennuage.
25. La ballade d'Ali Baba
Catherine Mavrikakis
3.28★ (82)

FINALISTE 2015. Vassili avance à vive allure en direction du sud, il veut montrer la mer à ses trois filles. Pour le garçon d’Alger, pauvre mais futé, l’Amérique est une chance. On le retrouve à Montréal avec sa petite famille, à New York avec sa maîtresse, à Key West ou Kalamazoo au volant de ses grosses voitures. Dans les casinos de Las Vegas ou Monte-Carlo, il fait rouler les dés d’un geste théâtral sur le tapis vert. Beau parleur et séduisant, l’homme aime le risque, le commerce et les femmes. Cosmopolite, toujours en mouvement, il multiplie les amitiés et les trahisons dans les restos grecs de l’avenue du Parc, au célèbre Sloppy Joe’s Bar tout au bout de la Floride ou dans un gîte en Toscane. La vie passe ainsi et, un soir d’hiver, alors qu’il joue avec l’accent pied-noir Hamlet en robe de chambre dans son petit appartement de la rue Sainte-Famille, il demande à sa fille aînée, Érina, son héritière, un étrange et ultime service.
26. Guano
Louis Carmain
3.38★ (8)

LAURÉAT 2014. En 1864, l’Espagne chercha une raison de faire la guerre au Pérou. Elle trouva le guano : ce fut sérieux. Simón, marin scribouillard, en profita pour rencontrer une femme. Ce fut bref. Cette femme ne figure pas dans les rapports officiels, bien qu’elle les eût gonflés d’une conquête supplémentaire. Sans doute valait-il mieux qu’elle demeure rêvée. Car lorsqu’elle partit, elle ne disparut pas pour autant, et Simón put emmener son fantôme à bord de son navire. Dans ce roman, qui hérite beaucoup de Julien Gracq et de Jean Echenoz, l’auteur observe à la loupe ce qu’on a l’habitude de nous montrer en plan de grand ensemble. Tourmenté, il n’arrivait plus à écrire ses rapports, encore moins une lettre pour Montse. Ce n’était pas faute d’y penser. Précisément, il ne pensait qu’à cela. Elle était dans toute allusion à Callao, à l’Espagne, aux femmes en général, aux parapluies en particulier, à n’importe quoi. Sa pensée était comme encerclé de sa chevelure. Et cette idée fixe ne se remuait qu’en de brefs moments de soulagement : une miction, un sommeil, un danger. Or, dès que le calme revenait au monde, la tempête reprenait en lui.
27. Nina
Patrice Lessard
0.50★ (8)

FINALISTE 2014. Il y a quelques années qu’Antoine vit au Portugal et depuis un an, il n’a plus donné signe de vie. Son frère Vincent le cherche, il vient d’arriver à Lisbonne avec son amoureuse, Nina, qui parle portugais et connaît bien la ville. Mais sans piste ou à peu près, pas facile de retrouver un disparu. Gil, le détective privé dont ils ont fait la connaissance par hasard, semble toutefois confiant de pouvoir les aider. Le détective, qui ne roule pas sur l’or, a été chargé récemment par un petit caïd de mettre la main sur un pistolet volé au cours d’une rixe. L’affaire du pistolet se révèlera cependant moins facile à dénouer pour le détective que prévu, tandis que Nina et Vincent s’enfonceront avec lui dans le lacis de filatures, de rencontres et de faux-semblants qui tissent l’intrigue de ce roman fascinant.
28. Mensonges
Christiane Duchesne
3.50★ (12)

FINALISTE 2014. Violette et Parmélie. La plus jeune dépasse la plus vieille d’une bonne tête. Violette a douze ans et Parmélie quatre-vingt-deux. Violette a perdu ses parents, Parmélie perd tous les siens, ils s’effacent les uns après les autres. Il lui reste Violette, son arrière-petite-fille qui n’a plus qu’elle au monde. Le temps presse pour que Parmélie résolve l’énigme que renfermait le testament de son père, le boucher de Sainte-Marie. Que veut donc dire cette phrase codée que contenait son ultime clause : « Et pour le reste, IOEL FR ZNCCHH » ? Et si ce « reste » était une fortune qui permettrait à Parmélie de savoir que Violette sera à l’abri du besoin, au moins jusqu’à ce qu’elle soit assez vieille pour gagner sa vie ? Mais il arrive que les trésors que nous lèguent nos parents aient leur part d’inavouable. Et il est des choses qu’on ne peut révéler, même à nos arrière-petits-enfants. C’est ainsi que, à quatre-vingt-deux ans, on se met à raconter des mensonges.
29. Chanson française
Sophie Létourneau
3.31★ (48)

FINALISTE 2014. À l’intérieur d’une cour briquetée de la rue Saint-André, Christophe Keller, ingénieur du téléphone, fait la rencontre de Béatrice Chevreau, maîtresse d’école. Il est français, elle est québécoise, mais cela n’importe pas. Il veut des enfants, elle veut être aimée et c’est le début d’un malentendu qui poussera Béatrice à faire son nid sous les toits de Paris. (Refrain.) Chanson française met en scène une fille légère, un homme de bonne volonté, un charmeur éhonté, une sœur vive, une mauvaise mère et un fils qui part. Que ce soit dans le soleil couchant d’un Montréal orangé ou dans la lumière d’un Paris qui s’éveille, on est dans un monde à la mélancolie chantante et à l’humour fragile, un monde d’éclats et de vert-de-gris. Chanson française n’est pas un roman : c’est une chanson d’amour comme on l’entend chez Barbara et Françoise Hardy.
30. Artéfact
Carl Leblanc
3.85★ (55)

FINALISTE 2014. Un homme, un objet, un passé, douze femmes. Peut-être treize. On ne sait pas. L’artéfact, un carnet fabriqué à Auschwitz dans des conditions impossibles, deviendra vite pour François Bélanger, reporter pour un grand quotidien montréalais, cette invitation au voyage à laquelle, un jour ou l’autre, nous succombons tous. Vers où ? Dans ce cas-ci, vers ce passé déjà lointain de la Seconde Guerre mondiale. Cette « autre rive du temps » sera toutefois difficilement atteinte, car Bélanger est un intrus dans cette histoire de femmes. C’est d’ailleurs une autre affaire qui l’y mène : le cas de Krylenko, présumé criminel de guerre réfugié depuis de nombreuses années au Canada sous un faux nom, et qui s’apprête à être extradé. Croisement d’une sale affaire et d’une belle histoire donc, car l’artéfact en question est un carnet de vœux confectionné au cœur des ténèbres, dans le camp d’Auschwitz en décembre 1944, par un groupe de jeunes femmes qui voulaient souligner le vingtième anniversaire de l’une d’entre elles. D’où vient ce carnet ? Est-il authentique ? Comment est-il arrivé là, dans la vitrine du Musée de l’Holocauste de Montréal ? Qui l’a ramené de l’enfer ? Qui sont ces femmes ? Et cette histoire, finalement, est-ce vraiment une belle histoire ?
31. La Fiancée américaine
Éric Dupont
3.78★ (777)

LAURÉAT 2013. Un gâteau renversé à l’ananas peut-il changer le cours de l’histoire ? Louis dit « le Cheval » Lamontagne est né en pleine messe de minuit alors que sa mère était figurante dans la crèche vivante. Son père, le plus bel homme de Rivière-du-Loup était follement amoureux de sa nouvelle femme Madeleine dite « l’Américaine » cuisinière hors pair dont le livre de recettes transformera la vie de toutes les femmes dans la famille sur 4 générations. Leur fils se trouvera mal marié mais les yeux sarcelle de sa mère continueront à se répandre dans la région tout comme en Europe où il est déployé et dans l’État de New York où il gagnera sa vie comme homme fort dans les foires
32. Qui de nous deux ?
Gilles Archambault
3.90★ (50)

FINALISTE 2013. Près de vingt ans après le touchant Un après-midi de septembre, où il évoquait la disparition de sa mère, Gilles Archambault renoue avec le genre autobiographique pour nous tracer une bouleversante chronique de la mort de sa compagne. Ce bref récit, journal du temps qui passe où s’invitent les souvenirs, raconte avec justesse le couple, la solitude, la vie et la mort. De son écriture intimiste, Gilles Archambault dévoile ces instants et ces émotions et révèle l’essence même de la vie, de l’amour, à travers le quotidien le plus attentivement traduit. « Je me sens amputé. J’ai perdu le seul être au monde avec qui je pouvais converser même dans le silence. Voilà pourquoi je sens le besoin de ne pas me taire. »
33. Mayonnaise
Éric Plamondon
3.85★ (127)

FINALISTE 2013.Gabriel Rivages mêle ici son destin à celui de Richard Brautigan. Il part à la rencontre de l’écrivain qui a changé sa vie. Sur les traces de celui qu’on a surnommé le dernier des beatniks, Rivages arpente à nouveau la côte ouest américaine. On passe par l’Oregon où Brautigan a grandi et par San Francisco où il devient écrivain. On croise aussi la grande et la petite histoire. Dans l’Amérique des sixties, Janis Joplin chante Mercedes Benz et offre son écharpe au futur auteur de La pêche à la truite en Amérique. Celui qui vendait ses poèmes au coin des rues dans Haight-Ashbury et North Beach devient célèbre. Pendant des années la poésie le sauve. Brautigan se tire une balle dans la tête en octobre 1984 dans sa maison de Bolinas. Les histoires de Brautigan ont toujours une fin étonnante.
34. Le Christ obèse
Larry Tremblay
3.24★ (99)

FINALISTE 2013.Edgar est un trentenaire timide et asocial qui a toujours vécu dans l’ombre de sa mère, décédée depuis peu. Une nuit, dans un cimetière, il assiste à la violente agression d’une jeune femme que quatre cavaliers de l’Apocalypse laissent à demi morte. Edgar décide de recueillir chez lui la victime inconsciente. Il en fait le serment : il sera son sauveur. Mais que sait véritablement le jeune homme, hanté par le souvenir de sa mère, de la personne qu’il a recueillie ? De son identité, de son passé ? Au fil des jours, une étrange relation fusionnelle s’installe entre les deux êtres, pour le meilleur et pour le pire.
35. Et au pire, on se mariera
Sophie Bienvenu
3.92★ (323)

FINALISTE 2013.Avant de rencontrer Baz, Aïcha était tout le temps enragée. Elle traînait son enfance brisée en essayant d’éviter sa mère, les vieux puants et les seringues usées du parc. Maintenant qu’elle est amoureuse, elle voit les balançoires dans les parcs de Centre-Sud. Voilà pourquoi, pour Baz, Aïcha ferait tout, même le pire. Tout, c’est ce qu’elle doit raconter à cette femme qui la regarde comme une page de faits divers. Mais suivre le récit d’Aïcha, c’est entrer dans un labyrinthe pour s’y perdre autant qu’elle.
36. Il pleuvait des oiseaux
Jocelyne Saucier
4.12★ (1385)

LAURÉAT 2012. Vers quelle forêt secrète se dirige la photographe partie à la recherche d’un certain Boychuck, témoin et brûlé des Grands Feux qui ont ravagé le nord de l’Ontario au début du XXe siècle ? On ne le saura pas. Boychuck, Tom et Charlie, dorénavant vieux, ont choisi de se retirer du monde. Ils vivent relativement heureux et ont même préparé leur mort. De fait, Boychuck n’est plus de ce monde au moment où s’amène la photographe. Tom et Charlie ignorent que la venue de la photographe bouleversera leur vie. Les deux survivants feront la rencontre d’un personnage aérien, Marie-Desneige. Elle a 82 ans, tous ses esprits, même si elle est internée depuis soixante-six ans. Elle arrivera sur les lieux comme une brise espérée alors que la photographe découvrira que Boychuck était un peintre et que son ouvre était tout entière marquée par le Grand Feu de Matheson. C’est dans ce décor que s’élabore Il pleuvait des oiseaux. Nous voici en plein cour d’un drame historique, mais aussi pris par l’histoire d’hommes qui ont choisi la forêt. Trois êtres épris de liberté et qui ont fait un pacte avec la mort.
37. Polynie
Mélanie Vincelette
3.26★ (57)

FINALISTE 2012.On ne s’explique pas la mort de Rosaire Nicolet dont on a retrouvé un matin le corps sans vie dans une minable chambre d’hôtel louée par une strip-teaseuse. Qui pouvait bien en vouloir à ce jeune avocat international apprécié de tout le monde ? Appelé à Iqaluit, un village proche du cercle arctique, pour reconnaître le corps, Ambroise Nicolet, le jeune frère de Rosaire, va mener l’enquête. Ambroise vénérait son frère. Mais sait-on jamais qui se cache derrière ceux que l’on aime ?
38. Les derniers jours de Smokey Nelson
Catherine Mavrikakis
3.63★ (177)

FINALISTE 2012. Sydney Blanchard était né sous une bonne étoile. Mais dans sa vie, rien ne s’est vraiment passé. Il n’y a eu que ce séjour en prison pour des meurtres qu’il n’a pas commis. Aujourd’hui à bord d’une belle Lincoln blanche, cette grande gueule irascible décide de rentrer à la Nouvelle-Orléans. Pour renouer avec son destin.Après les meurtres de 1989, Pearl Watanabe s’était juré de ne pas remettre les pieds sur le continent américain. La voici qui passe des vacances près d’Atlanta, chez sa fille. Il f aut bien essayer de conjurer le sort.A environ une heure de route de là, Ray Ryan ne peut se consoler de l’assassinat de son enfant. Depuis tout ce temps, la voix autoritaire de Dieu ne l’a pourtant jamais abandonné. L’exécution du meurtrier aura bientôt lieu.Au pénitencier de Charlestown, Smokey Nelson, l’assassin, vit ses derniers jours.
39. Le sablier des solitudes
Jean-Simon DesRochers
3.78★ (43)

FINALISTE 2012.Début janvier. A la tombée du jour, sur une route provinciale, une forte poudrerie efface le paysage. Au milieu de cette grisaille, plusieurs véhicules entrent en collision. Ce rude carambolage jette treize personnes dans l’air glacial. Treize solitudes paniquées qui s’engagent dans le goulot d’un étrange sablier. Ils sont venus d’un peu partout, sans liens apparents sinon cette rencontre aussi brutale qu’aléatoire. Certains y mourront, quelques-uns resteront brisés, d’autres tenteront de reprendre leur existence, de revenir à leurs obsessions normales, à leur idée d’une vie meilleure. Militaire, étudiant, masseuse, peintre, ministre, fillette, ingénieur, camionneur : aucun ne sortira de ce carambolage sans y avoir laissé une part de lui-même. Dans un style dépouillé soutenu par un rythme enlevant, Jean-Simon DesRochers présente le réel comme un mouvement simple, celui de la vie qui apprend à mourir, celui de la mort qui oblige au combat. Avec ses récits aussi riches que nuancés, à la fois tendre et impitoyable, ce roman chorale pose un regard joueur sur le kitsch et la banalité des vies que l’on croirait normales.
40. Arvida
Samuel Archibald
3.52★ (170)

FINALISTE 2012.A l’autre bout du monde il y a Arvida, ville modèle érigée au début du vingtième siècle par l’industriel américain Arthur Vining Davis. Le narrateur de ce livre est né là, dans la capitale de l’aluminium, construite en cent trente-cinq jours. Petite utopie nordique peuplée de braves gens, de menteurs compulsifs et de pures crapules. Dans les quatre paroisses d’Arvida, le long du Saguenay et par-delà l’horizon bleuté des monts Valin, on se raconte des histoires de nuits en forêt et de matins difficiles. Des histoires de jeunes filles innocentes et de bêtes sauvages, de meurtre raté et de mutilation rituelle, de roadtrip vers nulle part et de maison hantée. Des histoires tantôt tristes, tantôt drôles, tantôt horribles, et souvent un peu tout ça à la fois, mémorables pour leur profonde authenticité, même si, il faut bien le dire, elles sont toutes à moitié fausses et à moitié inventées.
41. La constellation du lynx
Louis Hamelin
4.01★ (110)

LAURÉAT 2011.n 2001, à la mort de son ancien professeur, l’éditeur-poète Chevalier Branlequeue (un nom de plume !), l’écrivain Samuel Nihilo décide de poursuivre les recherches de ce dernier sur la crise d’octobre 1970. Chevalier y a toujours vu l’aboutissement d’une conspiration politique. De Montréal, où commence son enquête, jusqu’au village mexicain de Zopilote, où les chemins de Nihilo et d’un ex-felquiste se croiseront, en passant par l’Abitibi des grands espaces – si somptueusement décrits –, les recherches de Samuel vont rapidement se concentrer sur le rôle joué en 70 par les services secrets, l’escouade antiterroriste et toute une panoplie de personnages pas nets, dont le spectre quasi shakespearien du ministre assassiné !
42. Tiroir n° 24
Michael Delisle
3.17★ (21)

FINALISTE 2011.Pourquoi l’ont-ils choisi, lui ? Peut-être parce qu’il aime chanter, mais certainement pas à cause de sa tignasse rousse, qui brille comme du cuivre quand sœur Dionne l’enduit de lotion. Il était le « Tiroir numéro 24 » de l’Orphelinat catholique. Il sera désormais le gars des Cyr. Il a six ans. C’est juste avant l’Expo 67. Pendant douze ans, il travaille à la Boulange, l’entreprise familiale, où on vend du pain et des gâteaux. Mais les temps changent et la Boulange ferme ses portes. Les bourgeois du quartier délaissent les mokas, les pains Weston et les pâtés au saumon et préfèrent désormais le lapin aux pruneaux, le céleri rémoulade et les nouilles d’Alsace. Il va travailler pour l’Européen qui vient d’ouvrir boutique de l’autre côté de la rue. Pour les Cyr, c’est une trahison. Mais pouvait-on attendre autre chose d’une engeance comme lui. Après tout, ce n’est pas leur sang qui coule dans ses veines.
43. Les larmes de saint Laurent
Dominique Fortier
3.64★ (76)

FINALISTE 2011. Au matin du 8 mai 1902, la montagne Pelée entre en éruption, tuant la population entière de la ville de Saint-Pierre. Un homme survit miraculeusement à l’hécatombe : Baptiste Cyparis, le Revenant de l’Apocalypse. À la même époque, en Angleterre, un mathématicien et une musicienne tentent de percer ensemble les secrets de la terre et du feu. À Montréal, cent ans plus tard, deux inconnus se rencontrent sur le mont Royal dans un jardin semé d’arbres et de croix, avec pour témoins un chien et l’esprit de la ville qui les entoure. D’une geôle martiniquaise au grand chapiteau du cirque Barnum & Bailey, des flancs du Vésuve au boulevard Saint-Laurent, l’auteur du Bon usage des étoiles nous entraîne dans un roman où passé et présent se répondent. Une fresque baignée de lumière, où l’on entend aussi battre le cœur de la terre.
44. Mon nom est personne
David Leblanc
4.00★ (10)

FINALISTE 2011. Comme au bon vieux temps, quand les Indiens faisaient mordre la poussière aux cow-boys, on rencontre parfois son destin sur la route qu’on a prise pour l’éviter. Lorsqu’on ne croit plus aux fables et à leurs morales, le seul moyen d’allonger la vie, c’est d’essayer de ne pas la raccourcir. Ça prend du doigté. Par exemple, on peut tendre les cinq parties mobiles d’une main pour ouvrir la trappe d’un grenier et voir la tête renversée de Colette en descendre et prononcer ces paroles d’une tendresse à vous arracher le cœur : « Il faut, avec les mots de tout le monde, écrire comme personne. » Qui n’entend rien à rien en temps normal dira pour l’occasion qu’une inquiétude sourde traverse ce livre. Il aura vu juste. Désert toutefois plus accueillant qu’hostile, Mon nom est Personne emprunte sa fraîcheur couverte aux cactus de Death Valley, profonde dépression aride de cette Californie d’où les grands studios diffusent les cartoons de Road Runner et Wile E. Coyote. Comme au bon vieux temps, à cette différence près que celui-ci s’invente à mesure.
45. La respiration du monde
Marie-Pascale Huglo
3.17★ (10)

FINALISTE 2011. Ce roman suit les derniers jours de Mrs Green ; on y entend le murmure de la mer et la voix d’une femme accomplie qui sont comme « la respiration du monde », l’art de mourir et de naître sans cesse.
46. La foi du braconnier
Marc Séguin
3.46★ (76)

LAURÉAT 2010. Marc S. Morris est un chasseur. À demi Mohawk, dans son sang coule une amertume brûlante nourrie de désillusion et, s’il tue les bêtes, c’est pour éviter de tuer les hommes. Pourtant, Marc S. Morris a la Foi, aimerait avoir la Foi. Devenir pape, par exemple. Ou aimer une femme. Dédier sa vie. C’est le lendemain d’un suicide raté que le narrateur raconte, comme dans un ultime sursis, les dix dernières années au cours desquelles il a silloné en pick-up le continent à la recherche de cette grandeur qui l’aurait transporté. Vu du ciel, son parcours dessine des kilomètres de mots rageurs qu’il trace minutieusement sur les veines mêmes de cette Amérique qui le déçoit. Ce récit a la texture de la terre dans laquelle on a planté un couteau, la lumière des tabeaux du Titien, une narration ponctuée de références à Nirvana comme à saint Augustin, et pour trame de fond des événements majeurs, joués par des acteurs plus ou moins anonymes, témoignages décapants de ce tournant du millénaire.
47. L'oeil de Marquise
Monique LaRue
2.90★ (13)

FINALISTE 2010. Voici le roman de Marquise Simon, née Cardinal. Sa naissance entre deux frères ennemis, envers qui elle se sent également liée et étrangère, sa jeunesse dans le Montréal des années 1960, son expérience de l’amitié et de l’amour, ses rencontres et ses réflexions ont fait d’elle une femme à l’identité partagée, un être de la lucidité et de l’interrogation, de la distance et de l’empathie. Voici, également, le roman du monde où nous vivons : situé au Québec, à Montréal, dans les années qui vont de ce que Marquise appelle le DRIPQ (Deuxième référendum sur l’indépendance politique du Québec) à aujourd’hui. Voici le tableau le plus précis, le plus coloré et le plus juste de l’extraordinaire métamorphose par laquelle une société jadis si tranquille et si homogène s’est transformée en cette vaste tour de Babel où les langues, les cultures, les moeurs, les valeurs se mêlent, se heurtent, se défont et se refont pour composer cette humanité nouvelle, pleine de surprises, de conflits et de synthèses inattendues. Voici, en somme, un roman d’amour qui est en même temps un roman familial, un roman d’aventures qui est en même temps un roman social, un roman de l’existence qui est en même temps un roman de l’époque. Bref, voici un roman d’une richesse, d’une diversité et d’une beauté telles qu’il ne s’en écrit que quelques-uns au cours d’une décennie.
48. Joies
Anne Guilbault
3.50★ (4)

FINALISTE 2010.Amoureux fou de sa sœur, le narrateur la cherche partout après s’être enfui de l’hôpital psychiatrique où l’on essayait de lui faire retrouver la mémoire et la parole, perdues dans des circonstances tragiques. Des images d’elle vont et viennent dans son cerveau. Elles vous hanteront longtemps : Georgie qui tient sa main, Georgie qui grimpe aux arbres, Georgie « transformée en musique », qui danse autour du feu, Georgie dans sa robe rouge, Georgie blottie contre une vieille gitane, Georgie sur un pont… Mais où est-elle donc ?
49. L'énigme du retour
Dany Laferrière
3.91★ (1233)

FINALISTE 2010. A la suite de cette annonce tragique, le narrateur décide de revenir dans son pays natal. Il en avait été exilé, comme son père des années avant lui, par le dictateur du moment. Et le voilà qui revient sur les traces de son passé, de ses origines, accompagné d’un neveu qui porte le même nom que lui. Un périple doux et grave, rêveur et plein de charme, qui lui fera voir la misère, la faim, la violence mais aussi les artistes, les jeunes filles, l’espoir, peut-être. Le grand roman du retour d’exil.
50. Le Discours sur la tombe de l'idiot
Julie Mazzieri
3.48★ (36)

FINALISTE 2010.Scandalisés par l’idiot du village, le maire de Chester et son adjoint conspirent sa mort. Un matin de printemps, les deux hommes l’enlèvent et vont le jeter dans un puits. Or, au bout de trois jours, l’idiot se remet à crier du fond de sa fosse. » Un village comme ici c’est pas une place pour les intrigues « , mettent en garde les habitants de Chester. Dès les premières pages du Discours sur la tombe de l’idiot, le lecteur connaît tous les éléments du crime qui vient troubler ce village sans histoire. L’intrigue policière ainsi jugulée, le roman repose principalement sur le génie de l’accusation et du leurre, c’est-à-dire sur les efforts déployés par le maire afin de désigner un coupable et ce, tout en s’assurant le silence de son complice qui menace de s’effondrer sous le poids du remords.
51. Le ciel de Bay City
Catherine Mavrikakis
3.18★ (230)

LAURÉAT 2009.1960. Cette année-là, une maison de tôle est livrée au bout de Veronica Lane à Bay City. Une famille s’y installe. Deux soeurs, Denise et Babette, vont donner tour à tour naissance à de petits Américains. Elles ont quitté l’Europe et la dévastation de la guerre pour l’Amérique. L’avenir paraît alors appartenir à ce continent où tout est plus gai, plus neuf. Mais l’Histoire ne se laisse pas mettre de côté. La fille de Denise va découvrir dans le sous-sol de la petite maison de tôle, cachés et tremblants de peur, ses grands-parents pourtant morts à Auschwitz. Roman puissant, traversé par la soif de l’Amérique et la volonté désespérée d’en finir avec le passé, Le ciel de Bay City dresse un réquisitoire contre l’indifférence du ciel à l’endroit de notre souffrance.
52. Megot Megot Petite Mitaine
Johanne Alice Côté
4.50★ (7)

FINALISTE 2009. Que voit le promeneur, les yeux baissés, lors de ses déambulations urbaines ? Un mégot, encore un mégot, une petite mitaine… Que peuvent bien nous raconter ces objets abandonnés, ces laissés pour compte au fil du trottoir ? Les nouvelles rassemblées ici nous entraînent dans des univers tantôt poétiques, tantôt réalistes, où des êtres en crise cherchent ardemment leur place et doivent se battre contre la pauvreté spirituelle de leur milieu et son indifférence.
53. Un enfant à ma porte
Ying Chen
2.58★ (19)

FINALISTE 2009. Une femme trouve un enfant sur le pas de sa porte. Recroquevillé, muet. Elle décide de l’adopter et se retrouve soudain investie du rôle de mère. Son mari, ses voisins, ses amis ne la considèrent plus de la même façon. Elle, la première, se sent menacée au plus profond de son être. Ne doit-elle pas désormais consacrer sa vie à combler les besoins de sa progéniture ? N’est-elle pas tout à coup engagée dans une vaste entreprise, sa descendance, qui s’étendra bien au-delà de sa mort, de celle de son fils, mais qui ne peut que provoquer son propre anéantissement ? Ne se trouve-t-elle pas condamnée, comme la femelle du ver à soie, à mourir, épuisée, après avoir assuré la survie de
54. J'ai l'angoisse légère
Francine Noël
3.50★ (14)

FINALISTE 2009. Les personnages de ce roman sont atteints par la double flèche de la solitude et de l’échec. À quelques pas de Parc Lafontaine, si beau tableau vivant au coeur de Montréal, ils écrivent leurs lignes de vie avec les mots du deuil et de l’amour, ceux de la chair et du regard, ceux de l’énigmatique espace qui partage le corps social et le corps privé ; celui-là empêtré dans les voiles culturels de la sujétion, celui-ci emmêlé dans le draps de l’affection et de l’absence.
55. Champagne
Monique Proulx
3.82★ (65)

FINALISTE 2009. Avec cette écriture ferme, exacte, chatoyante qu’on lui connaît, Monique Proulx fait éclater sous nos yeux la magie d’un royaume épargné par le développement. Autour d’un lac mythique, au coeur d’une forêt inaltérée, les chevreuils, des écureuils, des insectes et des chanterelles sont les personnages réels de cette histoire sur la vie qui s’échappe, sur l’impermanence de toute possession. Les personnages humains n’en sont pas moins fascinants, réfugiés dans la célébration de la beauté, rejoints malgré eux par la tourmente. Il y a Lila Szach, venue d’un autre âge et d’un autre continent, qui possède la quasi-totalité du territoire et la défend farouchement contre les prédateurs. Il y a Claire, qui tente de tenir en équilibre la réalité et l’imaginaire. Il y a Simon, résolu à aimer tout ce qui est vivant. Il y a le petit Jérémie, sur qui plane les menaces, et d’autres qui viendront joindre leur pas à cette chorégraphie cosmique – la jeune Violette, qui fuit l’horreur suprême, les Clémont, prédateurs de père en fils, Marianne, la citadine irréductible, Marco, le père-enfant. La beauté réussira-t-elle à sauver le monde ? Voilà la question, pressante, qui résonne à travers tout ce roman. Quelle qu’en soit la réponse, la sagesse ne nous ordonne-t-elle pas de goûter sans tarder la salutaire ivresse que procure cette beauté, comme le font les personnages de ce roman et comme Monique Proulx sait si bien nous la faire partager ?
56. Catastrophes
Pierre Samson
2.75★ (5)

LAURÉAT 2008. Que doit faire un critique littéraire si le fruit de son labeur connaît un retentissement comparable à un cri dans le désert ? Ivanhoé McAllister croit avoir trouvé, sinon la solution, le baume idéal : laisser libre cours à son imagination. Or, s’il jouit soudain d’une attention aussi timide qu’inespérée, Ivanhoé doit en encaisser les dramatiques conséquences. Heureusement pour lui, il constatera qu’on se relève plus facilement de ces catastrophes si, le sort et la veulerie aidant, elles s’abattent sur autrui. Une prose aux airs faussement désinvoltes portée par une narration espiègle et des personnages truculents, voilà ce que propose Catastrophes, un roman qui décoche ses flèches sur tout ce qui scribouille, grenouille et… cafouille dans le milieu littéraire. Se reconnaîtra bien qui peut !
57. Ce n'est pas une façon de dire adieu
Stéfani Meunier
3.19★ (23)

FINALISTE 2008. New York, les années 1970. Une ville qui est encore le centre du monde, mais qui commence à douter d’elle-même. La guerre du Vietnam s’enlise, et si l’engouement pour le rock’n roll ne se dément pas, il vient maintenant d’Angleterre, où l’ombre des Beatles plane encore sur le monde de la musique. Sean est musicien. Pour le plaisir de faire de la musique, pour cette merveilleuse camaraderie de la scène, pour l’amour de cette vie d’errance entre Montréal, sa ville natale, et les innombrables bleds où il doit jouer. Quand il revient à New York, il vit chez son ami Ralf, qui a un appartement à Brooklyn et un chien qui s’appelle Lennon. Les seules attaches qui donnent à Sean le sentiment d’être chez lui quelque part. Pendant que Sean est en tournée, Ralf fait la connaissance d’Héloïse. C’est le bonheur, tout de suite, un voyage en Bretagne, des soupers où se conjuguent amour et amitié. Et, tout à coup, le précaire équilibre ne tient plus.
58. Pourquoi faire une maison avec ses morts
Élise Turcotte
3.42★ (11)

FINALISTE 2008. L’homo sapiens a compris depuis longtemps comment transformer la mort en symboles. On a trouvé des cornes de cervidés dans les plus anciennes sépultures. Cornes, fleurs, coquillages, outils de silex. Toute forme d’art commence avec ce récit. Mais aujourd’hui, plus personne ne sait comment faire une maison pour les morts. Et c’est chez moi que l’homme finit un jour par déposer son bouquet de lys. Dans ces sept histoires pétries dans la glaise du jour, les pieds sur le seuil du nouveau millénaire, les questions de tous les temps bourdonnent fort à nos oreilles. Ne sent-on pas qu’il y a un autre monde en sursis, craignent toujours la petite faucheuse, aujourd’hui comme il y a mille ans ? Que le jardin des allongés n’a rien d’un paradis et que, en fin de compte, la mort est bien plus vivante qu’on ne le croie… La narratrice de ces histoires aide les endeuillés à comprendre l’incompréhensible, afin de faciliter le passage obligé de la mort, dans un monde engagé sur l’autoroute de la déshumanisation.
59. Espèces en voie de disparition
Robert Lalonde
3.22★ (17)

FINALISTE 2008. Se cachent, au fond de chacun de nous, des histoires. Parfois, elles s’éveillent pour nous rappeler l’existence d’êtres d’exception. Des êtres issus de notre passé, de notre enfance, ou de plus loin que nous encore, qui savent mieux aimer, mieux vivre, mieux mourir que nous ne le pourrons jamais. Toute une humanité nous habite, qui nous semble à la fois plus vraie que l’autre, et plus fragile aussi, espèces en voix de disparition. La plupart de ces nouvelles révèlent de telles histoires cachées. Chacune met en scène des êtres irremplaçables. Un père qui disparaît au fond de la rivière avant la naissance de son fils, un ange déchu qui enflamme un groupe de jeunes voyageurs, une femme qui donne à un peintre la force de mettre une œuvre au monde, un enfant dont un couple a refusé la venue, un autre couple, au seuil de la mort, qui se découvre toujours hanté par le désir. Chacune de ces nouvelles est une plongée vers l’humanité qui se cache derrière le quotidien, une échappée vers la part la plus vivante de nous.
60. La soeur de Judith
Lise Tremblay
3.02★ (51)

FINALISTE 2008. Chicoutimi-Nord, les années 70. L’été sera long. Il y a bien Judith, la meilleure amie. Il y a aussi Claire, la sœur de Judith, la plus belle fille de la ville. Mais il y a surtout cette mère qui « explose » tout le temps, qui ne laissera pas sa fille épouser le premier venu et qui est prête à tout pour que ses enfants ne soient pas des ignorants. Dans ce cinquième livre, Lise Tremblay brosse un tableau du Québec rural des années d’après la Révolution tranquille, un Québec en pleine effervescence, où de nouvelles valeurs font leur chemin mais où la tradition s’accroche encore. Fine observatrice de l’humain, l’auteur de La Héronnière nous fait revivre ses années par le regard d’une fillette qui sera une adolescente avant la fin de l’été.
61. Hadassa
Myriam Beaudoin
3.83★ (146)

LAURÉAT 2007. Une jeune femme, professeure de français dans un établissement pour écolières juives orthodoxes, découvre tout au long de l’année scolaire un monde à part, enveloppé de mystère et d’interdits, mais séduisant et rassurant. Au fil des conversations chuchotées avec les jeunes élèves, dans un franglais parsemé de yiddish, dans l’apprivoisement, dans la surprise et dans l’inconfort de la différence, se détache alors le visage d’une enfant boudeuse, rêveuse, fragile prénommée Hadassa.
62. Votre appel est important
Normand de Bellefeuille
3.62★ (7)

FINALISTE 2007. Votre appel est important n’est pas un « recueil » au sens d’un collage arbitraire de nouvelles disparates. Tout le livre est construit autour d’un thème qui structure l’ensemble : la possession, l’obsession, la dérive. Si un vieil et talentueux écrivain russe n’en avait eu jadis l’idée, ce livre aurait pu s’intituler Les Possédés, tant tous les personnages qui l’habitent le sont obnubilés, habités, subjugués par d’inquiétantes fixations. Sans compter Alice, l’indomptable et folle grand-mère de Ce que disait Alice (paru aux éditions de L’instant même), et Rita, sa fille, parfaite incarnation de la maladie elle-même, vous y rencontrerez un fonctionnaire obsédé par la voix d’un répondeur automatique, un professeur raffolant des classes vides, un maniaque de l’art de la liste, une voisine souffrant du « syndrome empathico-compulsif », un écrivain anormalement hanté par la recherche de son unique lecteur… et quelques autres encore. Vingt textes, vingt fois le malaise, vingt fois cette « inquiétante étrangeté » qui tous nous habite, qui tous nous fait parfois craindre le pire… ici : vingt fois le pire, mais avec un sourire, mais avec un clin d’oeil d’une déroutante connivence avec le lecteur.
63. Alia
Mélikah Abdelmoumen
1.50★ (4)

FINALISTE 2007.Alia ben Fasser, auteure à scandale, est traînée en justice par ses parents pour avoir étalé leur horreur intime dans les deux tomes de ses infâmes Autofragmentations. C’est grâce à ce petit scandale que, depuis l’autre côté de l’Atlantique, le célèbre artiste Henri M. Dolbeic s’intéresse à Alia. Or Dolbeic se révélera n’être qu’un nouveau maillon de cette longue chaîne de mensonges et de violence dont est issue la jeune femme. Mais le véritable défi, pour Alia, sera de reconnaître le sauveur que le destin lui envoie, en la personne d’un inconnu nommé Blaise Robert. Alia est l’histoire d’une mythomanie. Roman familial d’une menteuse depuis ce qui l’a faite jusqu’à ce qui la défera enfin pour la transformer, de hâbleuse, en conteuse.
64. Parents et amis sont invités à y assister
Hervé Bouchard
2.67★ (4)

FINALISTE 2007. Parents et amis sont invités à y assister : drame en quatre tableaux avec six récits. Deuxième roman de Hervé Bouchard, Parents et amis sont invités à y assister fait entendre, par le recours à la forme dramatique, un chant collectif : un clan livre ses tribulations dans des lamentos funambulesques et « bassement comiques ». Figure centrale de cette polyphonie, la veuve Manchée, femme sans bras dans sa robe en bois, s’adresse à ses soeurs, à ses fils les chiens à tête de veau, à « l’épisodique Laurent Sauvé » joué par un fils de dieu – et à elle-même.
65. La traduction est une histoire d'amour
Jacques Poulin
3.75★ (159)

FINALISTE 2007. Un vieil écrivain, monsieur Waterman, vit à Québec dans une tour. Sa traductrice, la jeune Marine, est une Irlandaise aux cheveux roux et aux yeux verts ; elle habite un chalet à l’île d’Orléans, parmi les chats, les ratons laveurs, les hérons bleus et les chevaux de course à la retraite. Entre ces deux personnages se tisse une relation amoureuse peu ordinaire : elle naît sur la Piste de l’Oregon, grandit avec leur passion commune pour la musique des mots et atteint sa maturité dans une enquête sur une mystérieuse adolescente qui leur met le coeur à l’envers.
66. Nikolski
Nicolas Dickner
3.67★ (467)

LAURÉAT 2006.Printemps 1989. À l’aube de la vingtaine, Noah, Joyce et un narrateur non identifié quittent leur lieu de naissance pour entamer une longue migration. Fraîchement débarqués à Montréal, ils tentent de prendre leur vie en main, malgré les erreurs de parcours, les amours défectueuses et leurs arbres généalogiques tordus. Ils se croient seuls; pourtant, leurs trajectoires ne cessent de se croiser, laissant entrevoir une incontrôlable symétrie au sein de leurs existences. Nicolas Dickner aime enchevêtrer les récits et les images avec une minutie qui frôle parfois celle d’un zoologue fêlé. Dans Nikolski, il prend un malin plaisir à rassembler des archéologues vidangeurs, des flibustiers de tous poils, des serpents de mer, plusieurs grands thons rouges, des victimes du mal de terre, un scaphandrier analphabète, un Commodore 64, d’innombrables bureaux de poste et un mystérieux livre sans couverture.
67. Fugueuses
Suzanne Jacob
3.92★ (16)

FINALISTE 2006. Fugueuses montre comment certains de ces sortilèges de la filiation peuvent être rompus. Nathe et Alexa ont saisi l’occasion de la mystérieuse maladie de leur mère pour mener leur barque et s’aventurer, chacune à sa manière et à l’insu de l’autre, au-delà des limites de Carouges, le village où elles vivent, au bord du fleuve. En compagnie de leur ami Ulysse, les adolescentes prennent la route pour le Nord, jusqu’au pays de l’autre versant, là où les eaux des rivières coulent vers un autre océan, déclenchant l’ébranlement des fausses vérités et des vrais mensonges qui courent à travers quatre générations, de l’aïeule Blanche à ses arrière-petites-filles. Nathe et Alexa atteignent enfin Aiguebelle où les événements se bousculent, obligeant Nathe à prendre la direction des opérations. En effet, Blanche, son arrière-grandmère, et la vieille Inuite Aanaq ont besoin d’elle et de la complicité d’Ulysse pour que s’accomplisse, de toute urgence, la dernière fugue.
68. Le sort de Fille
Michael Delisle
3.10★ (7)

FINALISTE 2006. Entre réalité et présage, Le sort de Fille nous plonge dans les zones sombres de la conscience humaine. Les personnages sont prisonniers d’eux-mêmes et portent le poids de blessures jamais cicatrisées. D’une écriture lucide, chacune de ces nouvelles laisse percevoir que c’est à coups de deuils qu’on se construit, et ce, même dans l’univers parfait de la culture.
69. Après la nuit rouge
Christiane Frenette
3.20★ (5)

FINALISTE 2006. 1955. Thomas revient chez lui. Thomas n’est pas un jeune homme comme les autres. Il ne sort que pour promener son chien. Trois jours après l’incendie qui dévaste son quartier, des hommes l’emmèneront loin, dans un hôpital dont il ne sortira que cinq ans plus tard. Il retrouvera alors Romain, son ami d’enfance, devenu médecin, sa femme, Marie, et leurs enfants. Et son chien. La terre promise, la mémoire des chiens. Avec ce couple, le fragile Thomas constituera une étrange cellule aux sentiments ambigus. 2002. Lou, fille de Marie, revient sur les lieux de son enfance, désertés depuis ses seize ans, après une fugue qui a duré trente ans. « Je ne voulais pas que la vie me brûle comme elle avait brûlé ma mère. » Tout ce temps, elle l’a passé à Chicago, en compagnie de Joe, qui aimait le vacarme du monde. Mais voilà qu’un accident emprisonne Joe à l’intérieur de son propre corps. Et Marie ne peut que lui proposer une nouvelle fugue, avec tout ce que cela entraîne d’aventures et de recommencements.
70. Ainsi font-elles toutes
Clara Ness
3.50★ (4)

FINALISTE 2006. Ainsi font-elles toutes est un chassé-croisé plein d’imprévus. La narratrice partage son appartement avec Paul, musicien de profession. Les deux vivent une relation sans contrainte. Si peu contraignante, du reste, que la narratrice entretient une relation secrète avec Luiz. Ce dernier est écrivain et vit à Paris. Ce n’est pas un obstacle. Et puis, il y a Agnès, propriétaire de la librairie L’Esclandre. Une comète. Belle, intelligente, cultivée, elle enflamme la narratrice dès leur première rencontre. Ah ! si Agnès pouvait tomber dans ses bras ! C’est ce qui se produit. Et c’est la fête. Une inoubliable escapade qui se termine abruptement, sans que la narratrice (pas plus que les lecteurs du reste) comprenne trop pourquoi. Agnès s’expliquera plus tard. Ainsi font-elles toutes est un roman à l’écriture vive, parsemé de références culturelles. C’est une poursuite incessante du plaisir et le sentiment que vivre, c’est courir après l’étonnement. C’est un feu roulant qui laisse parfois la narratrice interloquée (« Agnès, Luiz, Paul et moi, nous sommes trop nombreux », dit-elle.). Primesautier, mais combien prenant, ce récit se modèle sur la musique du divin Mozart dont il est une très belle variation.
71. Anna pourquoi
Pan Bouyoucas
4.06★ (22)

LAURÉAT 2005. Surgie de la nuit des temps et des flots homériques, baignée de lumière irréelle et fleurant le thym, les orangers et les amandiers, mais aussi cruellement exposée aux tempêtes et aux ténèbres, l’île grecque de Léros figure un monde déchiré par les forces inconciliables de la vie et de la mort. Sur l’île culmine le mont Apitiki, massif rocheux coiffé d’une forteresse byzantine reconvertie en monastère qui abrite quelques cellules, une chapelle et une icône miraculeuse chargée des ex-voto de l’humanité qui souffre à ses pieds. Là-haut, perchées entre ciel et mer dans ce décor fantastique à l’échelle des dieux, la none Nicoletta et la novice Véroniki — celle-ci naïvement zélée ; celle-là revenue de tout — tâchent d’apprivoiser le silence, la noirceur et le vertige. Jusqu’au jour où survient le diacre Maximos, vagabond alcoolique et peintre d’icônes, qui apporte les tourments diaboliques du désir dans cet asile de Dieu cerné d’à-pics redoutables.
72. Le pendu de Trempes
Andrée A. Michaud
3.00★ (10)

FINALISTE 2005. Année de parution : 2004 À 40 ans et sans avenir, Charles Wilson retourne sur les lieux de son enfance dans la petite localité de Trempes. Ainsi s’amorce pour lui un formidable retour en arrière où les secrets les mieux enfouis refont surface. Exhumer le passé n’est pas chose facile. Les souvenirs pourraient se trouver altérés du simple fait que les acteurs d’autrefois ne soient pas au rendez-vous. Qu’est-il advenu de Paul Faber et d’Anna Dickson, les amis d’enfance ? Et Joseph Lahaie, l’empailleur chez qui Charles trouve refuge, pourra-t-il percer le mystère vieux de 25 ans ?
73. Le retour d'Afrique
Francine d' Amour
3.00★ (3)

FINALISTE 2005. Dis quand reviendras-tu ? Dis au moins le sais-tu ? Bien sûr que tu le sais. Tout comme moi. Puisque j’avais acheté mon billet d’avion. Destination Le Caire. Coûteux billet que j’ai déchiré en mille morceaux, le soir de ma dernière virée. Tu ne me l’as pas pardonnée, celle-là. Deux semaines plus tard, tu partais seul. Je n’ai pas protesté. J’avais honte. Tellement honte que je n’ai pas osé inventer d’histoire pour me, faire rembourser le prix du billet. Je n’ai pas cherché non plus à m’en procurer un second. J’aurais pu dire que j’avais égaré le premier ou que je l’avais jeté par mégarde. Mais je voyais bien que tu étais soulagé que je ne sois pas du voyage. Au point d’accepter de jouer le jeu avec moi. C’est ainsi que Charlotte n’accompagnera pas Julien dans le voyage en Afrique qu’ils avaient pourtant depuis longtemps planifié. Elle se réfugie plutôt dans une petite maison au bord d’une rivière, où personne, ni sa famille ni ses amis, qui la croient partie pour plusieurs mois, ne risque de la tirer de son isolement. Nous assistons à la descente aux enfers de Charlotte qui vit difficilement en l’absence de Julien. Son délire éthylique la conduit à imaginer le pire pour Julien – de qui elle n’a aucune nouvelle – et à se mettre elle-même dans des situations délicates.
74. Folle
Nelly Arcan
3.60★ (401)

FINALISTE 2005. Il y a trois ans, Putain avait traversé le ciel de la rentrée comme un météore aussi éblouissant qu’énigmatique. Il n’y avait pas que le physique de blonde hitchcockienne de sa (très) jeune auteur. Une forme littéraire remarquable déroutait et en même temps suscitait les questions sur la vérité autobiographique de ce texte absolument hors du commun. On se demanda si Putain n’était pas le genre de performance impossible à répéter, ou même une sorte de suicide littéraire. Aujourd’hui, Nelly Arcan revient (de loin). Il s’agit de raconter en détails les derniers temps d’une liaison amoureuse particulièrement catastrophique (et authentique, cela ne fait guère de doute). Le récit multiplie les variations rageuses sur le thème du : pourquoi ai-je fait cela ? Et, dans la tragédie de cet amour réciproquement destructeur, Nelly Arcan fait jeu égal avec son premier livre, avec son caractère absolu, la beauté d’un désespoir intransigeant.
75. Les yeux des autres
Michèle Péloquin
3.50★ (3)

FINALISTE 2005. Ce recueil, composé d’une trentaine de nouvelles, se veut intimiste. Il débute par une réunion de famille qui se termine de façon tragique. Y sont aussi décrites des amours brisées, la tendresse que l’on porte à ses parents, celle aussi qu’on accorde aux enfants. Et puis, il y a l’amitié entre filles, faite de touchantes complicités.
76. Contes bûto
Ook Chung
3.00★ (6)

LAURÉAT 2004. Chacun des personnages de ces nouvelles est irrémédiablement unique, irrémédiablement seul, un « monstre de solitude ». Cette solitude est parfaitement symbolisée par une image qui couronne tout le recueil, celle de ces stragglers, ces soldats japonais qu’on a retrouvés dans les îles du Pacifique et qui ne savaient toujours pas que la Seconde Guerre mondiale était terminée vingt-cinq ans après l’armistice. Ces personnages sont donc condamnés à occuper tant bien que mal le centre du monde qu’ils ont construit autour d’eux, mais n’est-ce pas là le sort de chacun d’entre nous ?
77. Discours de réception
Yves Gosselin
2.00★ (2)

FINALISTE 2004. L’oeuvre d’Yves Gosselin, Discours de réception, est sans aucun doute le livre le plus controversé de l’édition 2004 du Prix littéraire des collégiens. D’ailleurs, certaines personnes trouvaient aberrant que ce livre soit soumis au jugement de jeunes étudiants de niveau collégial. Certes, cette oeuvre a de quoi choquer, mais la censurer aurait laissé croire que nous manquions de jugement pour interpréter les passages parfois crus de ce livre. Et surtout, cela nous aurait privés d’une discussion endiablée qui fut à la fois passionnante et constructive pour chacun de nous. Malgré le fait que la majorité des participants étaient déjà prêts à condamner cette oeuvre au bûcher bien avant le début de la discussion, l’opinion du groupe a changé de façon radicale pour être plutôt favorable à l’oeuvre à la fin du débat. Ce Discours de réception est un roman où fiction et réalité s’entremêlent pour provoquer un effet massue. L’audace d’imaginer un scénario où Hitler a gagné la guerre, où le fascisme a triomphé et où de Gaulle a été fusillé ne manque pas de faire réagir. L’auteur expose tellement l’antisémitisme à l’extrême qu’une personne ayant rigoureusement parcouru ce livre ne peut percevoir les idéologies en cause autrement que comme totalement absurdes.
78. Adieu, Betty Crocker
François Gravel
3.58★ (37)

FINALISTE 2004. À l’occasion du décès de sa tante Arlette, Benoit, un universitaire dans la cinquantaine, se remémore des souvenirs d’enfance. Il raconte à sa compagne l’odyssée de ses 10 ans, du temps où on faisait des tours de « machine » pour visiter la parenté le dimanche après-midi. De ces visites dominicales, il y avait, bien sûr, l’arrêt obligé chez tante Arlette – surnommée Betty Crocker – à son split-level de Beaurivage Gardens à Boucherville. Fasciné par son destin d’épouse-modèle, Benoît s’interroge sur la vie de cette femme qui n’a jamais quitté sa résidence après la mort accidentelle de son mari, chauffeur d’un autobus Voyageur. Trente ans confinée à demeure. Trente ans à être à la merci de son entourage pour lui fournir l’essentiel. Celle qui semble si parfaite, avec des enfants si parfaits, cache-t-elle une zone d’ombre ? Qu’arrive-t-il lorsqu’on gratte un peu le vernis de la perfection ? Benoit arrive à tirer des conclusions plutôt étonnantes…
79. La héronnière
Lise Tremblay
3.57★ (47)

FINALISTE 2004. Le recueil de nouvelles La Héronnière, de Lise Tremblay, est à l’image de la fresque romaine dont un détail orne la page couverture. Chacune des cinq histoires de ce recueil constitue en effet une scène complète et capable d’indépendance, mais ne forme, par ailleurs, qu’une section d’un grand tableau autrement significatif. Si, séparément, ces nouvelles laissent un arrière-goût amer (pas désagréable du tout, étrangement), considérées dans leur ensemble, elles composent une tragédie émouvante, semblable à celles du théâtre classique. Dans le cas de La Héronnière, pourtant, la fatalité de la mort ne frappe pas un personnage, mais plutôt un lieu, un village québécois isolé, qui ne porte pas de nom.
80. Le Cahier noir
Michel Tremblay
3.68★ (172)

FINALISTE 2004. Lorsqu’on a 20 ans et qu’on ouvre Le Cahier noir de Michel Tremblay, on se doit d’être un peu réticent. D’abord, parce que cet auteur est presque aussi mythique pour nous que le sont, pour Céline Poulin, la narratrice de son roman, les personnages de la pièce Les Troyennes. Puis, parce que le portrait d’une jeune serveuse d’un resto cheap de la métropole, souffrant d’un handicap physique, entourée de travestis et ayant de surcroît une mère alcoolique, qui va rencontrer un jeune réalisateur non seulement « prometteur » mais aussi homosexuel, et ce en plein coeur des si célèbres années 60, c’est beaucoup. Mais ce livre n’est pas l’autoportrait d’une « bête blessée » de la ville grande et noire qui fraie miraculeusement avec le star system de la Révolution tranquille. Écrit par le biais du récit d’une femme de 20 ans qui tente de s’autoexpliquer par l’entremise d’un petit « cahier noir », ce roman permet enfin à ceux qui n’en ont vu que le fantôme, de goûter un peu à cette époque charnière qui précéda l’Expo 67. Le style est convaincant, intime, surprenant. La narratrice en impose ; elle est vivante, réaliste. S’attaquant aux dédales du doute intérieur et de l’incompréhension de chacun face à son drame personnel et familial, Michel Tremblay réussit à construire un univers riche et tangible.
81. Un peu de fatigue
Stéphane Bourguignon
3.21★ (119)

LAURÉAT 2003 PLI. Un jardin ahurissant, une vasectomie existentielle, un revolver presque burlesque et de la tendresse, beaucoup de tendresse. Voici donc un électrocardiogramme. Celui du monde d?Édouard ? amours déchus, amitiés tourmentées, famille trouble ? et de sa désintégration. Entre le présent et le passé s?entremêlent les voix du héros, de l?ami Michel, de la douce Simone et de l?ex-épouse Véronique, esquissant le portrait cynique mais sensible d?un homme et de son parterre. Des dialogues percutants, des situations souvent excessives mais toujours justes et cet étonnant mélange d?humour et de gravité qu?apprendront à connaître ceux et celles à qui l?univers de Bourguignon ne serait pas encore familier. Un roman corrosif et pourtant sentimental par l?un des écrivains les plus talentueux de sa génération.
82. Dée
Michael Delisle
3.75★ (20)

FINALISTE 2003 PLC.Le Reo vert s?arrête devant la maison des Provost. Doc pose sa botte dans la frange et, la main sur la hanche, il considère la petite avec un demi-sourire amusé, regarde ses cuisses blanches au soleil, découvertes par sa robe relevée. ? Je me fais griller, Doc. Je vas venir noire noire ! ? Viens me donner mon bec ! Enjambant les flaques de pluie, Dée se lance sur le vieil homme et pose la bouche sur sa joue piquante. Doc a une odeur forte de tabac, de sueur et de salaison. Il tapote les fesses de Dée pendant qu?elle lui enserre le cou et se plaint, en gloussant, qu?il pique. ? Est à qui la petite Dée ? ? Est à toé, Doc.
83. Il n'y a plus d'Amérique
Louis Caron
FINALISTE 2003 PLI.Bonne chère, confort douillet, maison de banlieue, amour familial, prospérité, réalisation de soi, voilà de quoi est faite la vie de Suzanne et d?Hubert, dans ce Québec de Presque-Amérique, où rien ne semble pouvoir leur arriver. Jusqu?à ce jour de juillet 2001 où le destin les frappe dans ce qu?ils ont de plus cher, François, leur seul enfant, celui qui est la clé de voûte de leur bonheur. Il n?y a plus d?Amérique raconte un long voyage de guérison tout en traçant le portrait prophétique et saisissant d?une Amérique qui éclate, déchirée sous l?action des forces centrifuges qui couvent en elle depuis toujours.
84. Le corps de mon frère
Lynn Diamond
3.50★ (4)

FINALISTE 2003 PLI. Une famille aisée de Trois-Rivières, un père fabuleux mais buveur et joueur, une mère frustrée en dépit de la vie facile qu'elle mène, une narratrice lunatique et dévoreuse de littérature, un frère schizophrène qui disparaît peu après avoir été interné.Vingt ans passent. La narratrice rencontre un jour un homme qui lui raconte, par bribes, comment il a fait disparaître le corps de son frère. Jusqu'où la soif de l'argent peut-elle corrompre les sentiments les plus nobles ? Dans cette réalité si complexe, où est le vrai et où est le faux ?Par ce drame pourtant si particulier, l'auteure réussit à rejoindre l'universel.
85. Les Yeux bleus de Mistassini
Jacques Poulin
3.84★ (184)

LAURÉAT 2003, PLC. Les Yeux bleus de Mistassini campe son action dans la librairie que tient Jack Waterman, un écrivain vieillissant atteint de la « maladie d’Eisenhower ». C’est au cœur de cet univers, qui bat au rythme des livres qui ont marqué sa vie, que Waterman communique ses doutes ainsi que ses passions à Jimmy et à sa sœur Mistassini. Un roman marquant sur la filiation et le sens de la vie.
86. Un baume pour le coeur
Neil Bissoondath
3.78★ (20)

FINALISTE 2003 PLC. Les premières phrases du plus récent roman de Neil Bissoondath marquent la fin de l’autonomie d’un homme de soixante-dix ans. Six mois plus tard, il vit avec sa fille et la famille de celle-ci, tandis que l’odeur de la catastrophe qui l’a chassé de chez lui imprègne encore son pyjama. À la recherche d’un cadeau de Noël pour sa fille, il achète une plume et du papier. Mais la plume, sans même quitter son boîtier, le lance dans une direction insoupçonnée, vers la seule chose qui lui reste : sa mémoire, son passé, cette contrée familière où vit pourtant un inconnu – étranger, incompréhensible, indigne de confiance. À mesure qu’il raconte sa vie et qu’il se pare des dépouilles de l’homme qu’il a été, sa voix reprend sa fermeté d’antan. Le souvenir de l’amour et de la querelle, de l’amitié et de la trahison, de la guerre et de la paix – et du destin brutal qui peut frapper à tout moment – donne une cohérence insoupçonnée à un présent chaotique, lui procurant le fil qui le mènera vers une vie nouvelle, partagée avec sa fille, son gendre et son petit-fils. Devant la perspective d’une vie qu’il n’aurait jamais cru pouvoir être la sienne, il est peu à peu emporté par un étrange mouvement, et poursuit sa route tout en scrutant le voyage qui s’éloigne peu à peu derrière lui, s’émerveillant de se retrouver aussi méconnaissable, plus fort que jamais. Voir la bibliothèque complète
87. Je ne comprends pas tout
François Gravel
3.60★ (16)

FINALISTE 2003 PLC. Marc-André et Marie-France emménagent avec leurs deux enfants dans un quartier paisible de Longueuil. Ils font la rencontre de Josée et Robert et de leurs enfants, du même âge que les leurs. Par la force des choses, ils sont appelés ­ enfants obligent – à se fréquenter régulièrement. Malencontreusement, Marc-André et Josée développent petit à petit une passion réciproque. Cependant, ils connaissent trop bien les risques d’éclatement de leurs familles respectives pour donner suite à leurs élans mutuels. Mais vient le jour où l’occasion se présente, loin des regards indiscrets. N’y tenant plus, ils se laissent aller à leur passion trop longtemps sublimée. Ils s’offrent une parenthèse dans leur destin presque programmé. Peut-on se remettre d’une telle incartade ?
88. Petites difficultés d'existence
France Daigle
3.38★ (9)

FINALISTE 2003 PLC. “Depuis quand c’est qu’y faut qu’on se force pour parler notre langue ? … On peut-ti pas la parler comme qu’on veut ?” se défend Terry lorsque sa femme, enceinte d’un deuxième enfant, l’exhorte à soigner son langage. “C’est pas beau un enfant qui parle chiac”, affirme Carmen, qui entend léguer à sa progéniture sa langue maternelle, le français, et non le parler populaire de l’Acadie. France Daigle, qui est aussi journaliste à Moncton, est une auteure atypique qui construit une œuvre singulière où elle donne la parole aux Acadiens. Si la question de la survivance du français au Nouveau-Brunswick est au cœur de Petites difficultés d’existence, son onzième roman, ce n’est pas dans une optique revancharde, mais plutôt dans le sens d’une affirmation de soi. Ses personnages, loins d’être amers, sont animés d’une formidable joie de vivre. Avec des amis, Terry et Carmen – le couple attachant rencontré dans les précédents romans Un Fin Passage et Pas pire –, décident de redonner vie à des bâtiments désaffectés en y aménageant des lofts et un centre culturel. Terry puise la confirmation de ses projets et de ses rêves dans les prédictions du Yi-King, qui encadre le déroulement de l’histoire.
89. Voyage au Portugal avec un Allemand
Louis Gauthier
3.25★ (26)

FINALISTE 2003 PLC. En route vers l’Inde, un jeune Québécois se laisse dériver de ville en ville, hanté par le souvenir d’un amour perdu. À Lisbonne, au Portugal, il fait la rencontre d’un Allemand qui l’entraîne malgré lui dans un itinéraire imprévu. Sous la forme d’un simple récit de voyage qui ne cherche jamais à impressionner, ce roman sait émouvoir et faire sourire tout en évoquant les questions les plus troublantes sur la solitude, l’amour et le sens de la vie.
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